Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <465>
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Charles Albert et la Seconde République 465
d'y empècher la fondation d'ime république, à l'image de la France ou de la Suisse. De plus, le Roi et ses conseìllers prirent pour argent comptant les avis de Palmerston dont toute la politique en Italie fut inspirée par le désir d'en écarter l'innuence fcancaise. Dès le 27 Mars, le ministre anglais écrivait l) à son représentant à Turin, Abercromby, de montrer aux gou-vernants sardes qu'ils seront alors peut-ètre forccs de demander où d'accepter Paide miHtaire de la France, mais cette aide devra èrre payée par un sacrifice considérable de la part du Roi de Sardaigne . Le 11 Avril, Palmerston informait Abercromby e que le gouvernement francate pourrait très bien envoyer des troupes en Savoie . Et les diplomates anglais repre-naient ce refrain: aitisi, après plusieurs conversations avec son collègue britanni que Ponsonby, Pambassadeur sarde à Vienne, Albert Ricci2' rappela à Pareto, le 4 Avril, les trafics de territoires italiens négociés par la France: la Toscane contre la Lorraine, la Vénétie en écbange de la frontière du Rhin... La crainte d'une république a Milan et d'une annexion par la France de la Savoie et de Nice, voilà le motif essentiel du refus oppose par Charles Albert à toute intervention armée de la France. L'Msto-rien d'aujourd'hui sait, mieux que les Honunes de 1848, que ces peurs étaient mal fondées.
Propagande républicaine? Lamartine avait assuré qu'il n'y en aurait pas et, le 10 Mars, Saint Marsan dit, à Turin, au chargé d'afFaires de France d'André, la satisfaction du Roi de Sardaigne devant cette déclaration. La promesse fut tenue. Les documents d'archives ne citent aucnii agent secret; au milieu de Mai, Normanby, représentant de FAngleterre à Paris, conferma qu'il n'y en avait pas. 3) La presse officieuse parisienne, et, au premier rang, Le National qui avait eu, avant la revolution de février, Jules Bastide parmi ses rédacteurs, n'ont mene aucune campagne contre la dynaetie de Savoie; on a monte en épingle le passage du National, en date du 3 mai, déclarant: Charles Albert devrait avoir hàte... d'effacer certains souvenirs: 1821 n'est pas si éloigné qu'on en ait tout à fait perdu la mé-moire! En réalité, cet accès de hargne, inspiré peut-ètre par L. Frapolli, fut unique. Le ton des cditoriaux du National au printemps 1848 fut
*) GREEB, op. ct'r., pp. 219 et 222.
2J SPELLANZON, Op. cit., p. 177.
*) NOBMANBY a, daiiH soa livrc Une Année de revolution à Paris, rendu de frequenta hommages à la sincérité et à la volontà de paix de Lumartinc, ainai qu'à <c la parfaite honnéteté des vuea de Bastide. Lorsque Jules Favre fut, le 11 mai 1848, nomine Sous-Secrétaire d'Etat ause Affaircs Etrangcres, Normanby ecrivit (t. I, p. 379 n 1) qu'il fallait craindrc qu'un système de propagande ne soìt znaintenant organisé par le moyen d'agents officici inférieurs dana les pays étrangers... . Cela veut bien dire que, jusque-là rien de pareo* n'esostait. Mais Jules Favre, ami de Ledru-RoUin, ne fut ministro quo deux jours!