Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno
<
1963
>
pagina
<
470
>
470 Ferdinand Boyer
dans l'embarras; il fit donc demander par Àbercromby L'avis de Palmerston qui jugea opportune la reconnaissance omcicUc de la Seconde République par le Roi de Sardaigne: L'affaire peut otre importante pour vous, dit le ministre anglais à Revelle 11 juillet, et il vous interesse trop d'étre bien avec ces voisins pour ne pas le faire... . Ceci dìtf Palmerston se refusa, malgrc l'insistance de sou interlocuteur, à promettre la moindre déclaration où le gouvernement de Londres ferait état de la fusion SardaigneLombardie, Quelle différence avec les instructions mandées par Bastide à D eia e onr le 24 juin!
Les diplomates autrichiens firent quelques pas dans la voie conseillce par la France, mais les militaires avaient d'autres projets, car le raois de juin avait vu le succès de leurs efforts pour la reconquète de la Vénétie: le 22 mai, le general Nugent avait pu couduire des renforts à Radetzky dans Verone; le 5 juin la prise de Pieve di Cadore fit rentrer la petite région de ce nom sous la domination autrichìenne; le 11 juin, Yicence se rendit à son tour; d'autres troupes, commandées par le general Welden, arrivèrent en Vénétie. Or les forces arxnées italiennes étaient à la fin de juin moins nombreuses qu'à la fin d'avril. Le Pape et le Roi des Deus Siciles avaient retiré leur appui à Charles Albert ainsi que leurs troupes; ila ne consentaient pas a entériner l'agrandissement du Royaume de Sardaigne par la fusion des états de Parme, Piaisance, Modène et du Milanais. Seul le Grand Due de Toscane demeurait officiellement aux cotés de Charles Albert dans la guerre, mais, malgré les démarches de Villa marina stimulé par Pareto, les combattants toscans étaient bien peu nombreux. Or les représentants de la Seconde République, le chargé d'affaires Reiset à Turin et le consul Denois à Milan, constataient l'insuffisance de l'effort de guerre en ces deux cités. Il ne s'agissait pas de nier les qualités militaires des Sardes dont Bbrio avait écrit à Lamartine1) le 13 avril 1848 : L'enthousiasme avec lequel toutes les classes de la populatLon ont répondu à l'appel du Roi m'a siugulièrement frappé. Corame dans notre ancienne monarchie, les fils des famiHes les plus aristocratiques sont tous à l'armée. M. Balbo, président du Conseil des Ministres, a six fils; cinq sont officiers; le sixième, àgé de quinze ans, quitte le collège pour s'engager comme soldat. Il a fallu l'ernier rUniversité; tous les étudiants sont soldats ou volontaixes... Quant aux habitants de la campagne, bien que presque tous les hommes des dernières classes de la réserve soient mariés, il n'y a pas de réfractaires. Ce peuple a vraiment l'esprit militaire, mais toutes les ressources du pays sont en ligne... . Reiset, après Bixio, reconnut la valeur des troupes de Charles
l) Paris. Arch. Aff. Etr. SABOA1GTE. Corr. Poi. ri" 321, f o 51-54.