Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <472>
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Ferdinand Boyer
cais n'intervinssent en Italie, furent assurement assez heureux des difficultes intérieures de la Seconde République.
La rivolte ouvrière, dont le snccès aurait entrarne la dissolution de l'Assemblée Nationale, échoua. Les députés demeurèrent en place, mais le pouvoir exécutif changea de mains: au second jour des combats, le 24 juin, la concentration dea pouvoirs étant jugée nécessaire, l'Assemblée nomma le general Cavaignac, jusque là ministre de la Guerre, chef du Pouvoir Exécutif , ce qui fut suivi de la démission de la Commission du Pouvoir Exécutif, créée le 10 mai avec cinq membres dont Lamartinc et Ledru-Rollin. Le 28 juin, Cavaignac vainqueur remit à l'Assemblée les pouvoirs qu'elle lui avait confiés; elle vota aussitòt la déclaration qu'il avait bien mérité de la patrie et lui confia à nouveau le pouvoir exécutif avec le titre de Présideut du Conseil des Ministres et le droit de nommer ces derniers par décret. Cavaignac choisit ses collaboratemi parmi les répubUcains modérés comme lui, et notamment ceux dont l'opinion s'expri-mait dans le quotidien Le National; seule exception: le general de la Mori-eière, appelé à la téte du Ministère de la Guerre. Dans la liste que publia Le National du 29 juin, Jules Bastide recevait ou plutòt reprenait le Ministère des Affaires Etrangères, mais le mème journal annone, a le lendemain que, sur le refus de l'amiral Leblanc, Bastide acceptait d'étre ministre de la Marine, tandis que le general Bedeau était chargé des Affaires Etrangères; or, Bedeau, blessé dans les sanglantes joumées de juin assez grièvement pour que la presse parlàt de sa mort prochaine à la fin de juillet, se récusa. Alors, par décret du 17 juillet, Cavaignac rémstalla Bastide aux Affaires Etrangères; ce ministère ne devait plus changer de chef jusqu'à l'élection du Présideut de la République en décembre 1848, mais il ne semble pas que, sous le présidence de Cavaignac, Bastide fut le seni à mener la politique extérieure; le general s'en occupa aussi et fort active-ment, surtout en temps de crise.
En revanche, le renforcement du pouvoir exécutif après l'insurrection de juin amenuisait le contròie du pouvoir législatif . L'Assemblée Nationale discutali: de politique extérieure à la demande de son Comité des Affaires Etrangères fort de cinquante membres et prèside par Drouyn de Lhuys, ou sur interpellation d'un député. Cavaignac et Bastide eurent donc à prendre la parole devant l'Assemblée et le Comité, mais tout en protestant qu'ils avaient toujours pour mot d'ordre le texte vote le 24 mai par les députés unanimes et souhaitant Vaffranchissement de l'Italie, ils ne donne-rent sur leur activité que de brèves explications, se refusant à ouvrir leurs dossiers. Ce mutisme fut approuvé par la majorìté de l'Assemblée; on pensait que la politique étrangère devait, pour otre efficace, ètre discutée avec des mots feutrés et brefs; puisqu'on avait confiance dans les respon-