Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <473>
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Charles Albert et la Seconde République 473
sables, on les laìssait agir. Lamartine, écarté du pouvoir et ramené au róle de simple représentant da peuplc, eut encore l'occasion de s'exprimer éloqucmment dans les séances du Comité des Aflaires Etrangères, mais il n'était plus des gouvernants...
Les journaux *) ne harcelaient pas davantage à ce propos ministres et députés. Leurs commentaires et informations se fbndaient sur les procès-verbaux des séances de l'Assemblée, sur les extraìts d'autres journaux francais ou étrangers et sur les lettres de quelques correspondants particu-liers. Le National, où Bastide avait longtemps écrit, n'imprima jamais un propos qu'aurait pu lui apporter quelque attaché de cabinet; il admettait que le Comité des Affair cs Etrangères n'indiqaàt jamais à la presse rien de ce qui avait été dit dans ses séances et il s'indignait de certaines indiscré-tions unilatérales. Le Journal des Débats, qui gardait un regret nostalgique de la Monarchie de JuUlet, imprima le ler aoxìt: Les discussions diploma" tiques sont presque toujours une faute et un danger. Nous approuvons M. Bastide du courage obstiné qu'il met à garder le silence... . Pendant les trois premières semaines de j tiillet, la presse parisienne parut presque oublier qu'il y avait en Italie une guerre, une guerre qui fot alors sans combats, il est vrai. Les éditoriaux et la plupart des articles des journaux étaient consacrés aux séquelles de rinsurrection. Mais l'Europe et ses drames ne pouvaient étre ignorés du gouvernement et des députés francais.
Le premier problème pose à Cavaignac et à ses ministres fot celui des munitions et des armes demandées par le Piémont. Le 14 juin 1848, le ministère sarde prèside par Cesare Balbo obtint du Parlement le vote d'un crédit de quatre millions de lires pour acheter cent mille fusils. Les fournisseurs possibles étaient la Grande Bretagne, la Belgique et la France. Des délégués de Venise ont dit que le cabinet britannique refosait de s'in-téresser à ces traetations et dirigeait les aebeteurs possibles vers les mar-chands d'armes anglais. Au nom de la Belgique, le general Chazal, ministre de la Guerre, déclara formellement à l'envoyé sarde au début de jnillet 1848 qu'il ne pouvait rien vendre. Restait la France, à qui Turin adressa, an cours de la seconde quinzaine de juin, denx demandes, l'une de soixante mille étonpilles fulniinantes (mèches passant par le trou de lumière des canons et permettant la mise à feu), l'autre, formulée le 18 juin dans une lettre de Pareto à Brignole, pour la vente, le plus tòt possible, de cinquante
1) Nous avona déjppuillé Ics numéros da National et da Journal des Débats pour la periodo étudic'e.
2) Sor ce sa jet, dont aacan lùstoricn n'a parie, cf. F. BOVE, Common* la France arma le Piémont en 1848 (Rassegna storica del Risorgimento, juillct-septetnbre 1962). Lea documents citta se trouvent, à l'Archivio di Stato de Turin,. panni les lettres de Bri­gnole et de Pareto.