Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
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1963
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475
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Charles Albert et la Seconde République 475
cessaicnt d'écrire à Paris que l'intervention armée de la France leur sem-blait inévitable. Et le general Oudinot, commandant en chef de VArmée des Alpes, venu à Paris dans Ics premiers jours de juillet, rédigea alors deux memoires sur l'action à venir, l'un pour le ministre des Affaires Etrangères, l'autre pour cerni de la Guerre.l) Le premier, le seul dont la teneur est connue, est date du 10 juillet; il ne contient que des éloges potir Charles Albert et ses soldats, et regrette que le Piémont n'ait pas d'armée de réserve; il exprime le souhait que le Gouvernement Francais sache trouver les mots qui convaincraient de son désintéressement les gouvernants sardes; et il conclut: Mais le temps presse; une déeision prompte doit ètre prise; il y va du salut de l'Italie et de l'honneur de notre pays. La France peut compter sur une armée qui est instruite, disciplinée et animée des plus gcnéreux sentiments; elle peut prevenir une catastrophe qui est imminente, mais il n'y a pas un instant à perdre. C'était un devoir pour nous de le répéter ici... . Certes, mais Oudinot ne pouvait oublier la dislocation de son armée après les sanglantes journées de juin; la 3ajn'' Divi' sion, commandée par le general Magnan, avait été alors transportée dans la banlieue de Paris au camp de Saint-Maur; d'autres troupes furent ras-semblées autour de Lyon où la population ouvrière s'agitait... Pendant son séjour à Paris, Oudinot prit contact avec Brignole qui écrivit à Pareto 2) le 27 juillet: M. le Lieutenant General Oudinot... m'a fait hier une dernière visite . L'offìcier dit confìdentiellement au diplomate que Cavaignac, avec qui il avait eu un long entretien , attribuait à la méfiance le fait que Charles Albert n'invoquàt point le secours de la France. Brignole s'empressa de répondre: que M. le Président du Conseil est complètement dans l'erreur, que le Gouvernement Francois ne nous inspire pas la moindre défiance...; que si... nous ne demandons pas Pappili arme de la France dans la guerre que nous soutenons, ce n'est nullement fante de confiancc en elle, c'est seulement parce que nous en avons en nous-mème . Et il ajouta que notre armée est encore presque intacte; mais enfìn que si, ce qu'à Dieu ne plaise, nous venions à avoir besoin d'un secours, nous nous empresserìons les premiers de le demander à la République Frangaises . Brignole sa vai t fort bien dire le contraire de ce qu'il pensait !
Il était normal que le Cornile des Affaires Etrangères de l'Assemblée discutàt de la politi que extérieure de la France; ainsi fit-il, entre le 15 et
i) Mous n'avons pn en rettoaver les tezteB ni aux Archivcs des Affaires Etrangères ci Paris, ni au Service Historicrae de l'Armfie oa chfiteau de Vincennes. Oudinot en en-voya-t-il. une copie au general Daborxoida, alors -ministre do la Guerre à Turi n? On peut le croire, car c'est parmi les papiers de co derider que le Mémoire à Jules Basti de fut re trouvé par B. MANZONE qui le roprodnisit dans l'arnclè dejà citfi.
2) Turiu. Archivio di Stato, Lettere dei Ministri in Francia, 1848, n 277.