Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <476>
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476 Ferdinand Bayer
le 20 juillet, pour les affaires d'Italie, mais la presse n'ctant pas admise aux réunions, ne rapporta que des ondit, en dehors d'une lettre de Lamar-tine qui valut à son auteur, de la part de Drouyn de Lhuys, un rappel aux usages de silence. Brignole put cependant informer son ministre, dans une lettre du 23 juillet, gràce aux confidences d'un député et à un entrctien avec Bastidc: deux parlementaires, le prince Louis Napoléon Bonaparte et Maugain, avaicnt critiqué la timidité de la politique francaise en faveur des peuples qui souhaitaient leur libération, et mis en cause les mots d'ordre de Lamartine. Celuicil) avait justifié son désir de maintenir la paix et sa joie d'y avoir rénssi, ajoutant: ou les Italiens vaincront tout seuls, ou nous interviendrons du droit de la sùreté de la France et des nationalités existantes sur la carte.,.. L'informateur de Brignole2) lui confia que Lamartine avait déclaré que Nice et la Savoie devaient devenir francaises, si Charles Albert était proclamò roi de la Haute Italie gràce à ses propres victoires, ou à l'intervention de la France; piqué par les cri-tiques de Louis Napoléon Bonaparte, l'ancien membre du Gouvernement Provisoire semble avoir présente, comme il ne l'avait jamais fait jusque là, ses revendications sur la Savoie et Nice; ce durcissement de leur position se constate fréquemment chez les gouvernants à qui le pouvoir a échappé. Mais Louis Blanc demanda que cette cession fut décidée en accord avec le Roi de Sardaigne et non en lui forcant la main. Alors les membres du Comité des Aifaires Etrangères souhaitèrent entendre l'opinion de Bastide, qui se fit beaucoup prier: Vraiment, ditil enfin, je ne donne pas à la posses-sion de Nice et de la Savoie une telle importance qu'il conviendrait de poser leur cession à la République comme première condition à tonte interven-tion en Italie. Je crois encore moins que nous devions nous en emparer... . H exprima sa défiance envers un royaume de Haute Italie qui peutétre assumerait une attitude contraire aux intéréts de la République et il conclut: Donc, je n'entends ni imposer, ni offrir l'alliance de la Franco au Roi de Sardaigne. Nous nous limiterons, bien qu'avec déplaisir, n'y voyant aucun avantage pour la France, à l'accorder si elle nous est ré-clamée .
n somme, à Paris comme à Florence, Rome et Naples, rcgnait la craiate, que renforcait en ce mois de juillet l'offre de la couronne de Sicìle à un fìls de Charles Albert, d'une domination hégémonique du Roi de Sar­daigne sur tonte la péninsule; en tant que francais et républicain, Bastide exprimait cette inquiétude, mais il n'en tirait pas motif pour exiger de Turin une compensation territoriale. On le voit bien dans les instruc-
1> Journal des Débats, 16 juillet 1848. a) N. BiAKcm, op. cit.f V, pp. 291-298.