Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <477>
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Charles Albert et la Seconde République 477
tions,1} datées da 19 Juillet, qu'il rcdigca pour le nouveau représentant de la France en Piéniont, Bois le Comte. L'aflranchissemcnt de l'Italie vis à vis de l'Autriche y est désiré siucèrement ; la création au pied des Alpes d'une monarchie de onze à douze miilions est un fait assez grave pour que la France ne veuille la voir viser aussi à dominer la péninsule, comme le fait craindre l'élection du due de Génes au tròne de Sicile; la nonne solution serait une fédération entre des états indépendants, s'équilibrant autant que possible les uns les autres... . Geci dit, Bastide continuait : Vous exprimerez au Boi Charles Albert et à son gouvernement nos sympathies désintéressées pour la cause italienne et notre disposition tout aussi sincère à maintenir avec la Sardaigne les bonnes relations qui sont également dans l'intérét des deux pays. Vous parlerez, au nom de la France, un langage amicai, conciliant et ferme au besoin , Ainsi, Bastide, vieux militant répu-blicain devenu ministre, restait fidèle à ses principes; il acceptait implici-tement la fusion de la Lombardie et de Yeuise avec le Piémont, pnisque Ics populations l'avaient votée; Bois le Comte, pas plus que Heiset avant lui ou le consul Denois à Milan, n'est invite à prendre contact avec ceux qui, Mazzini en téte, rèvent d'une république. Enfin les mots de sympa­thies désintéressées , dans ce texte qui devait Tester confidentiel, étaient assurèment sincères au moment où la France cédait des milliers de fusils à Charles Albert et où Bastide se refusait devant le Comité des Affaires Etran-gères de l'Assemblée, à revendiquer l'annexion de la Savoie et de Nice. Parlant à Bois le Comte de la situation militaire, Bastide rappelait l'inaction de Charles Albert depuis le début de juin et la résolution, de la part de l'Autriche, de pousser la guerre avec vigueur et il conciuait: L'issue de la Iurte peut sembler au moins douteuse... . Comment faire pour répondre au voeu émis par l'Assemblée le 24 mai sur l'affranchissement de l'Italie? L'intervention de l'armée francaise était rendue impossible par le refus de Turili, par l'opposition soupeonneuse de la Grande Bretagne et par les voix irritées qui venaient d'Allemagne. Armand Lefebvre, qui représentait la France à Carlsruhe, avait relaté dans ses dépeches des 14 et 21 juin2) ses conversations avec le prussien d'Arnin, les bavarois de Verger et de Paumgarten, le badois de Dusch: Tous, ditil, se sont atta-chés à me convaincre que la Confédération Germanique était disposée à faire de la question de Venise une question allemande... . Ils s'efiorcaient de dissuader la France de répondre à un appel qui vicndrait de l'Italie:
*) Paris. Arch. Aff. Etr. NAPLEB. Coir. PoL n 176, f 88-89. Bois lo Comte était alors en missiou tempora ire auprès du Roi des Dcux Sicilcs.
2) POUTIIAS, op. eit.t t. II, n 1361 et 1483. L. SALVATORELLI, dans son livre Rivolu­zione Europea, pp. 130-131 et 199-204 a fori bieti montrfi ce natiouulisme gerinano-aatricMen.