Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
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480 Ferdinand Boyer
constitutionnel indépendant, sous un arckiduc autrichicn, et place sous la tutelle plus ou moins cxplicite de la France et de l'Angleterre. Le diplomate anglais en rendit compte le jour mème à Palmerston. Le Iendemain, Bastide, commentant les craintes d'une intcrvention frangaise armée en Italie que manifestaìent le gouvernemcnt et la presse britanniques, expri-mait francbement à Tallenay la position des gouvernants à Paris: Je puis vous dire conndentiellement, et pour vous seul, que, de notre coté, nous n'avons aucun goùt pour cotte intcrvention. Nous sommes loin de nous dissimuler la gravite des conséquences qui pourraient en résulter avec PAHemagnè et avec l'Europe en general... . JQ rappelait la défiance outrée des Italiens qui faisait prévoir que nous obligerions des gens peu disposés à nous en tenir compte ; il évoquait les difficultés qu'avait valu à la France son interventìon en Espagne vingt cinq années plus tot et il conchiait: Aussi, dans le cas où l'Italie, reconnaissant son impuissance, se déciderait à nous appeler à son secours, aurions-nous avant tout à examiner mùrement sous ses diverses faces une question qui est bien loin d'étre simple.
Pour Palmerston, il fallait avant tout empecber les troupes rrancaises d'entrer en ligne, seraitce mème au nom d'une médiation; le 28 juillet, il informait Normanby1) qu'il était prèt à accepter les conditions de Bastide pourvu qu'elles ne fussent pas accompagnées d'une mcnace d'inter-vention armée en cas de refus par l'un ou l'autre parti: Je n'ai pas besoin de rappeler à Yotre Excellence que, si le Gouvernemcnt de Sa Majesté accepte de négocier, il ne consentirà jamais à ètre complice dans une interventìon forcée dans cette affaire, et que son but, en coopérant si c'est possible avec la France dans une négociation, sera de dissuader le Gouver-nement Francais d'intervenir par les armes dans les affaires italiennes . Palmerston croyait alors que l'Autriche cèderait la Lombardie sana dim> culté et, oubliant que Charles Albert avait accepté le 17 juillet la frontière de l'Adige, il craignait un refus italien de la solution envisagée pour Venise; il se prémunissait donc contre une action militaire de la Seconde Répu-blique dont il pensait qu'elle serait heureuse de diminuer la victoire du Rei de Sardaigne. Bastide, ayant su l'inquiétude de Palmerston, en delibera en conseil des ministres avec Cavaignac et vint, le SI juillet, chea Normanby l'assurer que la France ne verrait aucun inconvénient à l'an-nexion de tonte la Vénétie au royaume de Sardaigne.2'
*) GREER, op. cìt., p. 243.
2) CHIALA, op. cit., x>> 431. Le infime jour, il écrivoit à Talleuay: Dans un état de choses encore si incertain, je ne saurois iudiqucr d'uno maniere preciso quelles pourraient étre les basos d'une médiation de la Franco et de l'Angle ter re pour paeHìer l'Italie. Si