Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
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484 Ferdinand fìoyer
cocur ccs noblcs paroles de la Franco qu'au premier cri de dctresse qui se soulèverait de l'Italie, la Frauce se hàterait de venir en aide à la sainte cause de son indépendancc. Voilà que le tcmps est arrivé de pousser haute-ment ce cri de douleur... . Au cours de cette journée du 28 juillet, les gou-vcrnants lombarde Borromeo, Strigelli, Giuliui et Correnti eurent plu-sieurs conférences oflìcieuses avec le consul de France à qui ila exprimè-rent la crainte que le sccours francais ne pùt arriver à Milan avant le retour des Àutrichiens. Denois decida le 29 d'aller en conférer avec Reiset à Turin, où il parvint dans la journée.
Dans la capitale piémontaise, les deux hommes rédigèrent le soir mème pour Bastide une dcpeche très importante *) que Denois se chargea d'emporter à Lyon, pour la télégraphier à Paris, où. elle arriva le 31 à 7 h. 40, et attendre la réponse du ministre: Les Milanais, y était-il dit, avaient fait le calcili que, dans le cas où le Gouvernement de la Répu-blique accueillerait la demande d'intervention, il faudrait vingt on vingt-cinq jours au moins pour que l'avant-garde de l'Armée des Alpes arrivàt sur le Tessin *) et que, dans vingt ou vingt-cinq jours, il était bien à crain-dre que c'en fùt fait de Milan et de la Lombardie... . Borromeo avait révélé à Denois que les responsables lombarda avaient chargé des agents à eux d'essayer d'entrainer PArniéc des Alpes à franchir la frontière sarde sans attendre les ordres du Gouvernement de la République et de se porter spontanément, et en quelque sorte d'enthousiasme, au secours de la Lombardie... . Initiative risquée dont le résultat semble avoir été nul.s) Reiset et Denois précisaient pour Bastide ce qu'était la situati on mili taire le 29 juillet: d'un coté, 130.000 Àutrichiens exaltés par leurs succès récents et par le désir de venger leurs afironts du mois de mars ; d'autre part le noyau d'armée régulière que Charles Albert peut encore lem* opposer ne dopasse pas 30.000 hommes et ils sont abattus et démoralisés. Il ne faut donc pas se dissimuler tonte la gravite de l'état de choses. Tout est à fair e ou à recommencer... . On s'explique l'inquictudc de Reiset; il n'est pas nécessaire d'ètre un grand stratège pour comprendre combien pouvait étre dangereuse la situation d'une armée frangaise, venant au
D Ibid. SARDAIGNE. Corr. Poi. n 321, f 211-212.
2) Dana mi rapport d'Oudinot à Cavaignac, en date du 13 juin 1848, il fot dit qu'après cinq ou six jours de conccntrution préalablc, les premièreg troupes francaises pourraient se rendre à Turin en douzc jours, et l'armec tout cnticrc en vingt-ciuq. (Vinccnncs, Ardi. Hist. Armée, sèrie G n 1).
8) Ceci cxplique l'ordre dounC le 1" aoùt par le Ministre de lo Guerre à Oudinol: Quelle que soient Ics nouvcllcs qui voua arrivent de l'Italie, quellcs que soicnt les de-raandes qui puisscnt voua ètre adrcsséca, ne faitcs faire anse troupes sous vos ordres aucun mouvement sana l'ordre forniul du Gouvernement . (Vinccnnes. Ardi. Hist. Armée, sèrie G6,n 35: premier cabier, doct n 1629).