Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <491>
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Charles Albert et la Seconde Répuhlique 491
Dès huit beures du soir, et pendant deux beures, Cavaignac, Bastide, Brignole, Ricci et Guerrieri discutèrent. En fait, comme Guerrieri l'écrivit à Milan dès le lendeinain matin: *' Brignole et Bastide n'ont presque jamais pris la parole. Cavaignac jouait tantdt le ròle du militaire et tantdt celui de l'bomme politique et posait Ics questions avec beaucoup de pré-cision et beaucoup de franchise . Le general dit d'abord, et Ricci le rap­porta à Pareto dans sa dépèche du 4 aoùt2) que l'ordre avait été donne pour la concentration d'un corps d'armée en Dauphiné; dans la journée, une brigade devait partir de Paris; ceci servirà principalement, but im-portant, à fair e une démonstration morale en no tre faveur . En effet, le general Magnan, qui, avec la 3*"10 division de l'Armée des Alpes, avait été appelé au camp de St-Maur près Paris, recut le 3 aoùt l'ordre de reprendre dès le 4 la route du sud-est.8)
Cavaignac dit ensuite que l'entrée de Radetzky en Piémont ne serait pas tolérée par la France qui, dans ce cas, envisagerait la guerre imme­diate avec l'Autriche; mais il croyait que les Autrichiens resteraient en Lombardie; quel est donc, continua-1-il, le statut actuel de ce pays par rapport au royaume de Sardaigne? La fusion , établissant une nouvelle situatìon de droit, n'avait jamais été officiellement annoncée à la France. A lire la dépèche de Ricci, on peut croire que Guerrieri se fit l'avocat de la thèse sarde: les nécessités de la discussion parlementaire avaient retardé les formalités, mais, avec l'envoi tout récent d'un Commissaire du Roi à Milan, on pouvait tenir pour terminée l'activité du Gouvernement Pro-visoìre Lombard. Le rapport de Guerrieri est plus nuance: il aurait dit à Cavaignac que, faute d'avoir recu de Milan des nouvelles récentes, il tenait toujours pour valable le pouvoir souverain du Gouvernement Pro-visoire Lombard qui devait d'ailleurs, une ibis la fusion proclamée, laisser une partàe de ses responsabilités à la Consulte Lombarde. Ricci ayant parie du Commissaire du Roi, Guerrieri déclara n'en rien savoir directement. Mais les deux homnies furent d'accord pour assurer à Cavaignac qu'ils étaient tous deux parfaitement habilités à lui parler d'une intervention en Italie.
Alors le general reprit l'examen des problèmes stratégiqucs devant les magnifiques cartes militaires d'une salle voisine, et demanda à Ricci quand il croirait venu le moment d'une intervention inatérielle; le diplomate sarde répondit, d'après Guerrieri, de facon très vagne, que l'armée du Roi était encore assez forte, qu'on ne s'attendait cortes pas
4 L. MARCHETTI, Carteggio Diplomatico..., pp. 817-319.
2) Tori. Archivio di Stato. Missioni speciali 1048, a0 5.
3) Vincennes. Atch. Hiat. Armée, sèrie G6 - 35, premiar Cahier, doct n 1637.