Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <494>
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494 Ferdinand Boyer
un appel à la France,1) sans savoir encore ce quc les sondagcs d'Albert Ricci avaient donne, car il fallait de trois à quatre jours pour le transport d'une lettre entre Paris et Turni. Le 4 aoùt, à deux heures ÓXL matin, Yincent Ricci, ministre de l'Intérieur, écrivit, en l'absenee de Pareto, une longue dépéche à Brignole:a) le Conseil avait été unanimement d'avis que, pour défendre l'ancien état sarde, l'armée du Roi suffìrait; mais les Lombards et les Vénitiens ne pouvaient ètre abandonnés à eux-mèmes. D'après ces considérations, le Conseil, expressément autorisé par le Roi, a déterminé de demander non pas l'intervention, mais bien la coopération d'une armée auxiliaire francaise et Votre Excellence est chargée d'en faire la demande formelle et officielle au Gouvernement Francais. La force de cette armée auxiliaire ne devrait pas ètre de moins de cinquante mille hommes, dont quarante mille agiraient en Lombardie et les autres dix mille devraient ètre envoyés par la voie de mer à Venise . Ces considé­rations étaient accompagnées d'un projet de convention dont Vincent Ricci soulignait les deux points essentiels: d'abord exprimer positivement et, si possible, par stipulation expresse, que le Gouvernement Sarde n'entendait accorder aucune cession de territoire à la France à titre de compensation; exprimer ensuite par écrit que le Gouvernement Francais ne permettrait aucune propagande politique et républicaine en Italie, et que les troupes francaises ne traverseraient pas la Savoie. Enfili l'expres-sion d'armée auxiliaire francaise laissait entendre que le commande-ment en chef demeurerait entre les mains de Charles Albert. En me me temps, par une décision dont le gouvernement francais ne semble pas avoir été averti à l'avance, le ministère piémontais envoya en liaison auprès du general Oudinot le fi-ère d'Albert Ricci, le commandant Joseph Francois Ricci, jusque là secrétaire general au Ministère des Affaires Etrangères... De ces conditions posées à la France, Bianchi3) a dit qu'elles étaient étranges et certainement peu faites pour préparer la réalisation rapide d'une intervention qu'il fallait obtenir sans délai; Spellanzon a jugé vrai-ment surprenant que les ministres qui les avaient décidées... n'aient pas senti cru'elles étaient étrangement offensantes pour la Nation à qui on en demandait la stricte observation... . Si l'inquiétude des Milanais inspira cet appel, l'esprit de Charles Albert en dieta le texte. La lettre pour Bas-
*f Cornine l'avait suggéré Charles Albert, Casati dut convonucr ausai d'autres per-sonnalités; on connata le refus d'Ottavio de Revel, dont la lettre révclu le peu de goùt qu'il avait pour l*aide de la France (L. MARCHETTI, Secondo Ministero..., p. 89).
2) Turin. Archivio di Stato. Lettere ai ministri in Francia. Registro Segreteria .Estera n 587.
3) BIANCHI, op. cii.t V, p. 366; C. SPELLANZON, Storia del Risorgimento Italiano, IV, p. 989.