Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <501>
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Charles Albert et la Seconde République 501
La Francc doit se presser de venir au secoura de la Lombardie. Si elle
tarde, Milan tombera au pouvoir de Radetzky . Abercromby, qu'il pensait
rejoindre dans la capitale lombarde, en était déjà reparti pour Turin; la
démarchc anglo-francaise auprès de Radetzky, que Pareto avait souhaitée,
n'eut donc pas lieu. En revanche Reiset vit Charles Albert dans l'après
nudi du 3 aoùt et l'engagea à entrer dans Milan pour ranimer par sa pré-
sence l'esprit lombard qui parait faiblir ; tout espoir n'était pas perdu:
on est généralemcnt décide à une vigoureusc défense . Le 4 aoùt eut
lieu la bataille devant la Porta Romana, nouvel échec pour le Roi; Reiset
fut appelé dans la soirée au Palais et y apprit que le Conseil de Guerre était
décide à la capitulation de Milan; recu par Charles Albert, le diplomate
francais lui fit prévoir la dcception et la colere des habitants et lui conseilla
d'en appeler au peuple, mais en vani: mes troupes sont découragées,
répondit le Roi; elles manquent de vivres et de munitions; j'ai fait tout
ce que j'ai pu . Reiset assista, le coeur navré, à la révolte et aux menaces
des Milanais contre le monarque; en compagnie de Campbell, consul
d'Angleterre, il se rendit auprès de Radetzky afin d'obtenir un armistice
de deux jours pour organiser la protection des Francais résidant à Milan;
c'est inutile, répondit le maréchal autrichien, la capitulation va étre
signée (5 aoùt); les troupes impériales entrèrent dans la ville le 6. J'ai
eté surpris, écrivit Reiset le 7 à son Ministre, de voir une armée aussi
belle et aussi forte... Aujourd'hui, si la France intervient, il faut qu'elle
se rappelle qu'elle a maintenant tout à recommencer et qu'elle sache que
l'armée autrichienne en Italie est composée de bons généraux, de bons
officiers et de plus de 130.000 hommes. Si l'on veut que notre intervention
devienne efficace, il est urgent que le gouvernement se décide à envoyer
au moins 100.000 hommes . Le diplomate revint à Turin le 8 aoùt et y
trouva la lettre écrite par Bastide le 4 dont il se hàta de communiquer à
Pareto la phrase essentielle sur l'intervention qui serait accordée loyale-
ment, de facon désintéiessée, sans aucuu calcul d'ambition et de conquète
et à des conditions parfaitcment acceptables . Le ministre sarde, informe
aussi par Brignole et Ricci, exprima sa satisfaction; le nom du general de la
Moricière, que l'on donnait pour le fu tur command ant des troupes franeaises,
Ini agréait fon. l) Cependant l'agitation régnait à Turin et Reiset s'en faisait
l'écho dans sa dépeche du 9 aoùt, signalant des émeutes, de nombreuses ar-
restations, des restrictions à la liberto de la presse, le mécontentement de la
Carde Nationalele bruit d'une abdication du Roi enfaveur de son fìls ainc...
1) Daus ces Iettres, Pareto annoinjait que lo Due de Génes renouait à la eouronne que lui oflrait la Sicile, reuonciation qui devait apaiser lo roi de Naples et le Gouveme* ment Francais.