Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <502>
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502 Ferdinand Bayer
De fait, il n'y avait pas, pour inquiéter la population turinoise, que la capitulation de Mìlan; une nouvelle crise ministérielle s'ouvrait. *! Le ministère Casati, forme le 27 juillet, avait eu tout de suite contre lui les ultrapiémontais, les municipalistes ; ceux-ci intìuencèrent-ils le Boi? On le disait, et, huit jours après son accession à la présidence du conseil, Casati recevait du Coni te de Lisio, porte parole du souverain, une lettre disant: Notre ministère... ne représente plus au méme degré l'état des choses qui existaient avant nos échecs militaires... . La phrase produisit une vive sensation chez certains ministres; Casati répondit le 5 aoùt qu'en face d'un ennemi envahissant le territoire et mettant en perii l'Etat, ouvrir une crise ministérielle aurait été fatai à la chose pu-blique; il se borna donc à appeler auprès de lui Gioberti, Rattazzi et Durini. Mais l'accord ne régnait pas entre Ics ministres: *) Milan réoccupée par les Autrichiens, faliaitil continuer la guerre? Casati répondit oui, mais ses collègues pour la plupart, tels Gioberti, Pareto, Collegno, préférèrent démis-sionner. Le Roi, alors installò au quartier general de Vigevano, recut Casati et Gioberti par deux fois le 8 aoùt; il ne se laissa pas convaincre par les arguments en faveur de la poursuite des combats: pour lui, le désordre de l'armée, la peur des républicains, l'hostilité à l'intervention militaire de la France étaient des raisons de vouloir la paix; il confia donc au comte Ottavio de Revel, ancien ministre des finances et porte parole des muni­cipalistes, la mission de former le nouveau ministère. D'autre part, le He ut enantgeneral Salasco, quartier-maitre general de l'armée sarde, concluait à Milan le 9 aoùt, avec le lieutenant-général de Hess, quartier-maitre general de PEmpereur d*Autriche, un armistice de six semaines afin de donner lieu aux négoeiations de paix . L'armée de Charles Albert devait tout entière rentrer dans l'ancien royaume de Sardaigne.
La signature de cet armistice fit voir eombien l'opinion du Roi dif-férait de celle des ministres, qui ne furent remplacés que le 19 aoùt. Dès le 10, le souverain écrivait à Collegno, encore ministre de la guerre: J'ai conclu hier avec le maréchal Radetzky une suspension d'armes de six semaines sous le preteste de nous occupcr d'un traité de paix; pendant ce temps j'espère que l'armée pourra se refaire et reprendre sa valcur, sana quei nous pourrons avec la mediation de l'Angleterre chercher à avoir une paix avantageuse . On noterà qu*il ne dit pas avec la médiation de la France...; d'aillcurs, le mème jour, il demanda au Conseil des Minis­tres *) d'envoyer un courrier à Paris pour faire savoir que la Sardaigne
*) L. MARCIIETTI, Secondo Minuterò, pp. 90, 100-101.
*) Iitf., pp. 26-30; C. SPELLANZON, Storta, IV, pp. 926-928.
3) C. SPEIXAMZON, Storia, IV, pp. 931-932.