Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
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1963
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Charles Albert et la Seconde Républìque 507
situation politique intérieure et des obligations qu'elle nous imposait au dehors. Après Ini avoir exposé comment et dans quel sens le Gouvernement de la Répnbliqne et tous les hommes sensés veulent sincèrement et résolument le maintien de la paix, je lui ai affirmé que ces mémes hommes et le Gouvernement de la Républìque seraient mévitablement entraìnés à la guerre si les Antrichiens restaient à Milan. J'ai ajouté énergiquement que la France, fut-elle seule pour engager la lutte, Pentreprendrait parce que c'était pour elle une question d'nonneur; mais que, si elle était bien décidée à agir seule en cas de nécessité, elle éprouvait le sincère desir de n'agir que d'accord et en commun avec l'Àngleterre; que cettc action commune était dans Pintérét de tous, dans Pintérét de la France qui ne pouvait engager seule une pareille lutte sans courir de grands périls et s'imposer de grands sacrifices, mais aussi dans Pintérét de PAngleterre et de l'Europe entière qui savent ce que coùtent au monde les succès, les revers me me de la France; je lui ai fait observer aussi que si en France, on veut la paix, le genie de la guerre s'y éveillerait sans peine, et que, si nous avons le bon sens de répudier toute idée de conquète et d'agrandissement territorial afìn de ne point compromettre la paix, la guerre ferait naìtre, sinon des ambitions du moins des compensations nécessaires et d'inévitables prò-pagandes. Ennn je lui ai demandò, en se rendant bien compte de Pétat de la France, de juger de ce qui arriverait dans mon pays si, la médiation amicale échouant, la France se trouvait dans la nécessité de commencer seule une guerre qui, ainsi engagée, n'a point de limites, tandis que, pré-parée et conduite à deux, elle se renferme naturellement dans un cercle circonscrit à l'avance .
Palmerston était peu dispose à s'engager d'avance dans une action commune; il préférait essayer d'abord purement et simplement la médiation omcieuse, sans dire ce qu'on fera plus tard, sauf, en cas de non-succès, à prendre tei parti qu'on avisera . D'ailleurs, en dépit de toutes les mauvaises nouvelles que nous apporte cnaque courrier, il paraìt plein de confiance dans le succès de la médiation paeifique qui se poursuit en ce moment... . Et Beaumont de répondre oui, mais en demandant qu'il fut dès à présent entendu et convenu entre nous qu'à défaut du succès de la médiation amicale, nous agirons en commun. L'intérèt de la France, si elle doit agir seule, seraifc d'agir immédiatement; mais je comprends qu'elle ne le fasse pas, si, en renongant à cet avantage, elle en gagne un autre plus grand, celui d'ètre d'accord avec vous pour agir plus tard ensemble... . Mais Palmerston termina l'entretien sans prendre aucun engagement et en déclarant qu'il dcvait consulter le Consci! des Ministres.
Beaumont se promettait de revenir sur ce sujet à la première occasion* II prévoyait bien des obstacles à vaincre. Le premier était la politique