Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; FRANCIA ; CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA
anno <1963>   pagina <510>
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510 Ferdinand Bayer
taires que le 12 dans la soirée. Lea dépeches *) écrites par le Chargé d'af-faires de France le 11 et 12 aout dépeignent l'inquiétude des Piémontais; le 11 aoùt, il disait: Il y a ici une grande cffervcscencc; tous les coeurs battent pour la France, on ne pense que pax elle... S'ils viennent à notre secours, me disait hier un Piémontais, ce n'est pas dans nos casemes que nous les recevrons, c'est à nos tables, dans nos maisons, dans nos familles que nous les inviterons fraternellement à prendre place... Le peuple n'a qu'un désir, celui de posseder son indépendance et un tróne constitutionnel entouré d'institutions républicaines avec la France pour alliée et protectrice . Le 12, Reiset parlait de l'armistice, de ses con-ditions désastreuses pour ce pays , qui soulèvent l'indignation du peuple... L'Italie enti ère espère tout de la France , et il esquissait la carte politique de la pénisule telle qu'elle lui paraissait souhaitable: les ducbés de Modène, Parme, Plaisance et Reggio à Charles Albert, la Lom­bardie et la Yénétie en un état confié au Grand Due de Toscane qui lais-serait le tròne de Florence à son second fils... Le 13 aoùt, il relatait les premiers effets de l'annonce d'une médiation: <c on apercoit sur tous les visages un rayon de bonheur et de tranquillité . Mais, dans une con-versation avec Abercromby, il est de mes amis et c'est un diplomate des plus distingués , les deux bommes avaient jugé l'armistice très nuisi-ble à la médiation: e Les con diti ons en sont déshonorantes et on ne com-prend pas comment le general Salasco a pu les accepter. Lorque vous m'avez écrit le 8 aoùt pour me donner vos instructions, vous vous atten-diez bien peu sans doute à ce que le Roi se fut presse, par une fatalité sans exemple, à traiter de cette suspension d'armes à de telles conditions... Il nous sera bien difficile maintenant à M. Abercromby et à moi d'annuler cet armistice, cependant nous ferons tout notre possible pour parvenir à ce but. La parole du Roi a été indignement donnée; la notiiìcation. en a été publique; c'est donc presque un fait accompli. Nous chereberons cependant par tous nos efforts à engager le maréchal Radetzky à annuler lui-mème ce honteux traité... . Dans la mème lettre du 13, Reiset relatait la visite que lui avait faite Ottavio de Revel, apportant les remerciements du Roi, avec son désir que pendant les négociations, aucun corps francais ne passe la frontière, car, dans ce cas, Radetzky se croirait le mème droit de francbir le Tessin ; le diplomate francais estimait qu'il fallait cependant maintenir l'Armée des Alpes près de la frontière et négocier de la paix ó main arniée; il rais orinai t làdessus comme Cavaignac et Bastide. A Londres, le 15 aoùt, Beaumonta) ne savait pas encorc si l'armistice ctait le fruit de la mé-
*) Paris. Ardi. Aff. Etr. SABUAIGNB. Corr. Poi. n 321, fo 270, 274, 277. 2) Ibid, ANGCSTERBE. Còrr. Poi. n 671, f 62.