Rassegna storica del Risorgimento
DREYFUS ALFRED; FRANCIA RELAZIONI CON L'ITALIA 1897-1899; ITALI
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MaurìcB Baumonl
concerne la just ice, des lecons de personne. Elle se renferme dans une méfiance hargnense, avec la prétention farouclie d'avoir raison. Le lw décembre 1900, VAction Francaise exprimait encore la volonté bien arrétee de ne pas faire appel à l'opinion des étrangers touchant nos affaìres .
N.éanmoins, il est intéressant de connaitre leur opinion, et plus in-téressant ancore de savoir comment les représentants diplomatiques sui-vaient le développemcnt de cette meléc, encore que Paul Cambon ait écrit (29 septembre 1898): je ne vois pas que la lamentable affaire Dreyfus ait quelque chose à faire avec le Quai d'Orsay .
A en juger par la correspondance diplomatique, l'opinion publique, au cours de l'Affaire, s'est manifestée avec le plus de véhémence, d'abord en Italie, puis en Hollande, en Hongrie, en Russie, cela sans doute pour ces trois derniers pays en raison de l'importance de la population israélite. Mais LegrandGirarde, officier attaché à la présidence de la Républiqne, et ardemment antidreyfusard, constatait dans ses voyages que partout il se trouvait en plein pays dreyfusard .
L'Italie entière est dreyfusarde: les représentants de la France le constatent et le déplorent. Tandis que les organes du Vatican, fidèles au mot d'ordre de la Chancellerie pontificale, manifestent scrnpuleusement une extréme réserve dans ime affaire francaise , une affaire jugée, la ferveur révisionniste de la presse italienne revét souvent pour la France un ton désagréable qui agac.e les diplomates fcancais, méme quand ils sont convaincus de l'innocence de Dreyfus, ce qui serale cas de Cannile Barrère.
Le 9 décembre 1897, le consul de Livourne signale une lettre qu'Amil-car Cipriani publie dans le Corriere Toscano. Gipriani tiendrait à honneur de pouvoir figurer parmi les défenseurs de Dreyfus: Je crois qu'il est bien difficile que Dreyfus soit gràcié, parce que le militarisme ne veut pas s'ètre trompé .
La .campagne d'Emile Zola pour Dreyfus et sa lettre: J'accuse, du 13 janvier 1898, bouleverse l'Italie, notamment parce qu'il est en France traité d'Italien par les antidreyfusards. Il y a les Alpes entre vous et moi, disait Barrès à Binile Zola qui, fils d'Italien, est né à Paris en 1840. Les télégrammes afflucnt à l'adresse de Zola en janvier 1898: les avocats et les employés de banque de Naples, d'autant plus ardents qu' on vous a jeté au visage comme une injure le nom d'Italien ; les élèves ingénieurs de Tnrin, les étudiants de Milan, les élèves de l'Ecole supérieure de commerce de Venise, des conseillers municipaux de Florence... L'association de la presse italienne le félicìte de combattre avec la force d'un géant, avec la foi d'un apótre .
Pardo-nnez-moi, luì fcélégraphiet-on de Pise. Le cri d'enthousiasme que vous avez fait jaillir de mon cceur a l'audace de vouloir arriver jusqu'à vous .
Meme enthousiasme chez Ics employés de cbemins de fer de Milan, l'association generale ouvrière d'Aquila, les étudiants de Gènes, de Bo-