Rassegna storica del Risorgimento

DREYFUS ALFRED; FRANCIA RELAZIONI CON L'ITALIA 1897-1899; ITALI
anno <1964>   pagina <348>
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348 Maurice Baumont
liennes cu l'aveur de Zola. L'at titude de l'écrivain inerite l'adiniration de I"univcrs; mais il l'aut conserver pour nous les scntiments qu'éveille lafnoble eonduite de ce fils glorieux d'un Italicn... Les manifestations télégraphiques en faveur de Zola peuvent ctre interprétées cn France corame des oifenses à un, pcuple qui soupeonne tout le monde et parti" culièrcmcnt les Italicns .
Le 21 février, le consul general à Géncs, dénoncant les violences de la presse, demande s'il ne conviendrait pas de réclamer du gouvernement italien une survcillance plus aetive des journaux. L'ambassade fait savoir qu'à la suite des entretiens de Barrère de Berne, il vient d'arriver à Rome les journaux semblent observer une attitude plus réservée. Le ministère des Affaires étrangères informe le consul general de Géncs que dans ces conditions, il n'y a pas lieu de renouvelcr des démarches, pour le moment du moins .
Le 25 février, le consul de Palermo se plaint des commentaircs inju-rieux et d'une o die use campagne .
De Home, le 22 février, Fhistorien Gabriel Monod, ardent dreyfusard, écrit à Hanotaux, de dix ans son cadet: Visconti Venosta était tout à fait scandalisé de voir que l'Etat-Major franais ait pu ètre assez aveuglc par la passion et assez naif pour se laisser duper par le faux ridicule dont Pellieux sans souci cette fois de créer des difficultés diplomatiques a entretenu la cour d'assises... Panizzardi en 1894 ne connaissait méme pas Dreyfus de nom. Je ne puis concevoir qu'on laisse ainsi la France exposée vis à vis de toutes les chancclleries et de tous les gouvernements à un pareilridicule... L'erreur enorme où Fon est en France, c'est de croire que la passion apportée par les étrangers à cette affaire est inspirée par rhostilité contre la France. Sans doute ses ennemis, comme les crispiniens de la Tribuna, Fexploitent. Mais la question general de justice et d'hxi-manité domine tout.
Hier à un diner, j'ai vu deux Italiens prèts à se prendre aux cheveux parce que Fun d'eux disait: H Je comprends que le gouvernement francais veuille étouffer cette affaire plutót que de discréditcr son Etat major . L'autre protcstait avec une indignation tonte zolalque. En méme temps, , ila admirent et envient la passion qu'on met en France pour ou contre. Voilà au moins des gens qui ont du cceur! Si nous avions en Italie des passions aussi fortes, ce serait beau .
Bjoernson, vieil ami de la France, disait Fautre jour: ** L'affaire Dreyfus, c'est une religion maintenant: la religion de la justice et de Fhu-m ani té .
Je crois que le retentissement colossal de cette affaire, le fait que des millions d'iiommcs ont senti leur cceur bau re pour une question de légalitc et de justice abstraite (pour un inconnu, peu sympathique, dit-on) aura des conséquences morales..r La répulsion que les passions antisémites de France ont éveillée partout a porte un coup terriblc à I'antisémitisme en