Rassegna storica del Risorgimento
DREYFUS ALFRED; FRANCIA RELAZIONI CON L'ITALIA 1897-1899; ITALI
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L'affaire Dreyfiis tei l'opinion italienne 349
Europe. On a va tant de journaux clerica ux emboiter lo pas demèro Dru-mont, et on se sent averti d'où vient le danger pour la société* moderne .
Gabriel Monod, Gomme d'éminents intellectuels, tels Gaston Paria, administrateur du collège de France, prodiguait de vains efforts pour tirer du coté dreyiusard le ministre Hanotaux, cbartiste et historicn. Ses relations avec Monod cesseront, et à Paléologue il déclare abominable la campagne de ces intellectuels qui naguère encore étaient ses amis. Il n'a pas voulu ou pas osé prendre parti dans l'affaire Dreyfus, que pourtant le ministre de la Guerre, le general Mercier, en 1894, a engagée malgré lui. Delcassé, qui lui succède au Quai d'Orsay en juin 1898, se rallie à la thèse révisionniste et est violemment attaqué à partir d'avril 1899 par les anti-dreyfusards. L'évolutìon du ministre a été, cornine il est naturel, mais souvent avec plusieurs mois de retard, celle de beaucoup des agents du département des AJÌ'aires étrangères.
Barrère ccrivait de Home le 26 février: Les impressions défavorables que notre ambassadeur à Vienne (le marquis de Reverseaux) voua a si-gnalées à propos de la condamnation de Zola se sont produites également ici et peutétre avec plus d'intensité . Dans une partie de la presse, on atteint à notre égard les limites de rinjure. Je n'ai pas perda une occasion d'indiquer qu'il s'agit d'une affaire intérieure qui ne regarde que nous, et l'ai fait comprendre combien de telles manifestations pouvaient en-traver l'oeuvre d'apaisement que désirent les deux gouvernements .
Apprenant qu'un journal de Génes, le Caffaro9 a été salsi deux fois par le préfet de Nice, à propos de l'affaire Zola, Barrère écrit le 12 avril: Monsieur le Préfet des Alpes Maritìmes a sans doute d'excellentes raisons locales pour provoquer la saisie du Caffaro, et je n'entends nuHement critiquer cet acte administratif. Je voudrais seulement observer que si l'on entre dans cette voie, ce n'est pas le Caffaro seulement dont il faudrait interdire la circulation dans les régions francaises de 1 angue- italienne, mais les deux tiers au moìns de la presse de la péninsule. Si nous étions encore sous le regime de M. CrispL je n'bésifcerais pas à engagcr le gou-vernement à user de représailles à 1: égard des journaux italiens qui ne se contentent pas d'exprimer leur opinion sur cette affaire (c'est absolument leux droit d'en avoir une), mais qui s'cn servent pour diffamer systéma-tiquement la natio francaisc... En ce qui touch l'affaire dont ces polé-miques sont le prétexte, l'opinion est tellement universelle et si forte que des mesures de rigueur ne serviraient qu'à augmenter l'aigreur du public, et iraient à l'encontre de la politique de pacification que les deux gouvernements pratiquent avec une égale loyauté .
Le gouvernemcnt de Rome s'applique en effct à une correction absolue. A Florence, le colonel Ruggero* prèsi dant un conseil de guerre en aoùt 1898, a ciociare qu' en Italie une affaire Dreyfus n'aurait pu se présenter.... L'armée ne veut pas, oomme en Franco, étre mfaillible . Un blàme est infligé au colonel par le ministre de In Guerre.