Rassegna storica del Risorgimento

DREYFUS ALFRED; FRANCIA RELAZIONI CON L'ITALIA 1897-1899; ITALI
anno <1964>   pagina <350>
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Maurice Baumont
Le 4 septcmbrc 1898, Pambassade de Rome écrit: En Italie, la thèse de Pinnocence du capitaine Dreyfus a toujours été soutenue. L'évèncment de la semaine écoulée (le colonel Henry s'est coupé la gorge daus l'après midi du 31 aoùt) a fourni un alimcnt nouveau aux protestations que nombre de journaux n'ont cesse de l'aire entendre contro la condamnation qui a frappé cet officier... Plusieurs journaux se livrent aux commentaircs les plus désobligeants sur notre EtatMajor... Ils reproduisent avec com-plaisance les articles les plus malvefllants à notre égard qui aient pam dans les journaux allemands... La personnalité méme de M. le Président de la République n'est pas épargnée ("Felix Faure s'est noyé dans Piniquité,,).
Le consul general de Gènes, qui le 10 juillet reprocliait à la presse un parti pris d'exagération et de nialveillance , constate le 7 septembre qu'ellc a pris une attitude des plus agressives: l'affaire Dreyfus semble attirer presquc exclusivement son attention .
Le I** décembre 1898, Barrère écrit: l'affaire Dreyfus avait ici cornine ailleurs, produit ses tristes effets; elle nous avait cause un dommage moral incalculable .
Les polémiques en Italie atteindront de nouveau le paroxysme avee le verdict du conseil de guerre de Rennes, qui, le 9 septembre 1899, iuflige dix ans de détention à Dreyfus. Le scandale ne risque pas d'alternare la cause du rapprochement francoitalien, puisque le verdict a été prononcé contre le gouvernement francais lui-méme.
Après Pattentat contre Labori, le conseil de Pordre des avocats de Livourne lui envoie une dépèehe de sympathie
L'ambassade de Rome écrit le 16 septembre: en Italie, les journaux sont unanimes à juger sévèrement le verdict. La France, dit la Tribuna, pourra difficilement dans ces conditions convier le monde civilisé à une fète de la civilisation (PExposition universelle de 1900) . Le gouverne­ment, en prévision d'une manifestation hostile à la Fiance, avait pris des précautions extraordinaires. Une compagnie d'infanterie avait été placée dans un palaia voisin de Pambassade. Il n'y a pas eu de manife­station à Rome. Mais il y en a eu à Naples, à Florence, à Palerme, à Catane, sans incidents graves .
De Venise, de Livourne, on dénonce la violence de la presse. A Venise, on ne parìe de rien moins que de boycotter PExposition de 1900 .
De Rome, Pambassade constate le 14 octobre que la condamnation de Dreyfus a été unanimement critiquée. Des articles violenta engagent les industriels italiens à s'abstenir de partieiper à PExposition.
La passion avee laquclle l'opinion Internationale proclamai t. l'inno-conce de Dreyfus, l'unanimi te des étrangers à le défendre, tout cela assu-rément est remarquable. Pour Pexpliquer, faut-il admettre Paffirination de Leon Blum, dreyfusard passionné: l'opinion internationale est une première forme de la posteri té ?
MAURICE BAUMONT