Rassegna storica del Risorgimento
MAZZINI GIUSEPPE; ROESSINGER FR?D?RIC-LOUIS
anno
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1965
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pagina
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213
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MAZZINI ET SES RAPPORTS AVEC FREDÉRIC LOUIS ROESSINGER
Frédéric Louis Rocssinger, né à Couvet, dans le canton de Neuchatel, le 7 juulct 1800, était le fils d'un pharuiacien originaire du Palatinat bavarois.x) A ine de dix cnfants, il demeura à Couvet jusqu'à l'àge de 18 ans puis, après un stage d'une année enea un collègue de son pére, à Thoune, pour apprendre l'al-lemand, il se rendit à Paris, dans Fintention d'y devenir xnédecin. Dans la capitale francaise, le jeune Rocssinger suivit Ics cours de médecine et de chirurgie, mais en qualité d'externe, sana prendre scs inscriptions, par economie. Ses biograplies prétendent qu'il aurait frequente les milieux Iibéraux et pris une part active aux mouvements politiqucs qui agitaient le Quartier latin, ce qui Faurait obligé, à plus d'une reprise, à se caelier de la police.
En 1822, il rentra à Couvet où, à la suite d'un examen, passe devant le xnédecin. du roi, il fut autorisé à exercer. Dans certe zégion jurassienne, le Val deTravers, il acquit une grande popularité; il était le médecin des pauvres , le novateur qui introduisait la vaccination et combattait les préjugés. A ce moment, le canton de Neuchatel était à la fois membre de la Confédération suisse et principauté prussienne. En 1831, les contrecoups de la Revolution de Juillet et des mouvements Iibéraux qui avaicnt éclaté dans la plupart des cantons s'y firent sentir; les libéraux s'agitaient et des assemblées secrètes aux-quelles Roessiagcr assista décidèrent de tentcr un coup de force contro le chef Iieu. Les insurgés, dans la colonne desquels Roessiagcr faisait office de chirurgien major, s'emparèrent de Neuchatel, le 13 septembre 1831, mais leur indécision les empecha d'exploiter leur vieto ire. Rocssinger, lui, était d'avis de ne pas s'en tenir à Poccupation de la ville, mais de marcher sur Yalengin où le gouverne-ment s'étart Téfugié. Son avis ne fut pas suivi et l'intervcntion des troupes fède-rales permit le rétablisscment du regime prussien. Mais les patriotes n'étaient pas satisfaits et, le 8 novembre, un comité révolutionnaire où Fon retrouve Roessiagcr se réunit à Rochcfort; le 17, une colonne armée, rassemblée sur le territoire vaudois, entrait dans le canton, en suivant la rive du lac. Mais, le general prussien Pfttel n'eut aucune peine à mettre la petite troupe en fuite et à capti ire r nombre de ses soldats,dont Rocssinger. Enfexmé dans une cage en bois, à Fintérieur du chàteau de Neuchatel, il fut condamné à mort, le 25 décembre 1831. G-ràcié par le roi, il fut alors transféré en Piasse rhénane, dans la forte-resse d'Ehrcnbreitsteìn, près de Coblence, puis dans celle de Wcsel. Alors com-menca une longue captivité qui durerà prosque six ans et demi. Le prisonnier l'occupa par des études sur l'électricité et sur le magnétisme (on l'autorisait à faire venir des livres d'une bibliothèque), ainsi que par des réflearions philoso-
*) Les détails Mograpfciqucs qui soivent sont tirés de la bzodhuie de EUGÈNE BOIUSI; et Louis GUILLAUME, Frfdéric Roessingor, eaquiasB bhgmjihique, Neuchatel, 1863, 92 p.