Rassegna storica del Risorgimento
MAZZINI GIUSEPPE; ROESSINGER FR?D?RIC-LOUIS
anno
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1965
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pagina
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215
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Mazzini et Fróderic Rocssinger 215
Le ròlc qu'il avait joué lors dò la revolution ncuchàteloise de 1831, son aurèole de martyr de la liberté tout cornine acs fonctions de médecin des pauvres daus le quartier onvricr de Saint-Gcrvais devaicnt le rcudre fort populairc daus Ics milieu radicali*. Malhcureusement, nous ne savons rien de son ròlc politicpie, durant cotte periodo agitéc qui culmina avee la revolution d'octobre 1846 où l'insurrcctiou du Faubourg de Saint-Gcrvais renversa le gouvernenicnt conservateur. Frédéric Rocssinger y prit une part activc, coturno cu témoigne une lettre qu'il adressa à l'un de ses frèrcs, une dizainc de jours après les événements: Tu connais un peu no tre all'aire. C'est pourquoi je n'eu-trerai pas daus des détaìls. Sans doute que je me suis trouvé aux premières logcs, sans le savoir d'abord, mais, comme mon opinion a prévalu dans les elubs, je me suis trouvé un des chefs, ce qui ne m'a jamais inquiète puisquo j'avais la certitude de la réussite: tout mon but a étè de remonter Ics ebefs et les sol-data, tout en conte-natit ecs dcrniers sur la difensive qui ne pouvait manquer de nous donner la victoire directe ou indirecte .1)
En effet, barricades dans le Faubourg de Saiut-Gervais, sur la rive droite du Rbòne, les insurgés purent rcpousscr victorieu6cment les attaques des trou-pes restécs fidèlcs au gonvcrnenicnt, l'obligeant ainsi à démissiouner. Malhcureusement, nous n'avons aucune autre précision sur le ròle de Roessùiger, ròle solennellement reconnu par le nouveau regime radicai qui lui accorda, pour cela, la bourgeoisic d'bonneur.
Partout en Suissc les idées nouvellcs progressaient et, après avoir pris volontairement part à la guerre civile du Sonderbund, cornine cbirurgien d'un bataillon genevois, Rocssinger eut le plaisir de fbulcr à nouveau le sol de sa patrie où, le ler mars 1848, les républicains s'étaicut emparés du pouvoir. Le 30 avril 1848, il participa au vote de la nouvelle constitution républicaine qui, tacitement, mettait fin à la suzeraineté prussienne. A Genève, notre médecin fot élu député au Grand Conseil (Iégislatif) de la petite république, le 6 novembre 1848. Il ne tarda pas à se rallior au petit groupc des radicaux qui, à l'extrcme gauche de leur parti, réclamaient une politique plus bardie: legislatori et mesurcs sociales en faveur de la classe ouvrière (souticn aux associations eoopératives, construction d'habitations à bon marche, impdt progressif), souticn apportò aux rénigxés qui, dès 1849, aiHuèrent de partout. Rocssinger nrt, avee Albert Galcer, l'un des rédacteurs du journal de certe tendance, Le Citoyen, qui parut en 1850-1851.
Daus HCS sou venirs, Hcrzen, qui séjouma quelques mois à Genève, en 1849, parie en ces termes de Rocssinger: A Genève vivait alors et vit cncorc mi cer-tain docteur R.... une amo humainc, un des plus fidèlcs et des plus platoniquos adorateurs de la Revolution et un grand ami de tous Ics érnigrés. Il les entre-tenaiti Ics nourrissait et Ics. régalait à ses (Vaia. Ori pouvait entrer aussi tot que Fon voulait au Café de la Poste, le docteur y était à coup sur, lisant déjà son troisième ou quatrième journal. Alors, il faisait ni y storie use me n i signe du doigt à l'un et glissait à IVreille de Pan tre: '* Je croie qu'il y aura auj<iurd' hui une chaude jonrnée à Paris. Pourqnoi ? Je ne puis vous dire de qui je lo tiene, mais c'est d'un homme proohe do 1 -edm-Rollin. Il a passò par ics. Mais, cher docteur, vous avez déjà prévu cela hior et avarit-hier ! Et alors ? Qu'estce
*) I*Vedérle ìi Louis Hoessingcr, 20 octobro 1846 (coiniuunitpiée par Mine Barbcy).