Rassegna storica del Risorgimento

MAZZINI GIUSEPPE; ROESSINGER FR?D?RIC-LOUIS
anno <1965>   pagina <216>
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Marc Vuilleumier
quo cela fait? La ville de Rome non plus ne s'est pas batic en mi seni jour! *) L'éerivaiu russe, avec son impitoyablc ironie, rapporto encor* une autre aneedo-te: un jour, il déclara à Rocssinger que le réfugié allemand Heinzen, lui aussi à Genève, avait rendu un grand service à la réactàon cn allirmant que la pro­filarne revolution dcvrait fairc toiuber des millions de tétes. Impassible, le brave docteur lui aurait rétorqué que ce n'était pas beaucoup, pour le Marat allemand, que d'ailleurs ce cbiffre s'entendait pour l'ensemble de la plancte et qu'il fallait y ìnclure au moine 200.000 Chinois !
Rocssinger resta fidèlo aux réfugiés, se brouillant com plètemeni avec James Fazy et Ics aubres chefs radicarne auxqucls il reprochait violcmmcnt Ics mosures qu'ils avaient prisca contre les proscrits pour caliner les plaintcs des Etats voisins. Lorsque, au lcndemaiu du 2 déccmbre 1852, les réfugiés francais se réu-nirent pour envisager une action commune sur la frontière, a/ui de resister par Ics armes au coup d'Etat de Louis Napoléon, Rocssinger sera présent; il s'oppo-sera memo aux paroles de Fazy, le chef du gouvernement genevois, venu en pérsonne adjurer Ics réfugiés de ne pas se livrer à des actes iuconsidérés.2'
Par la suite, il ne joua plus de ròle politique important. Il s'adonua au spiritisme et poursuivit ses reelierches sur le magnétisme. Sa tendauce spiritua­liste s'accentuerà et, de 1856 à 1860, il fit paraitre le Journal de fame, dont il prétendait que certains articles lui étaient dietés par un mèdium. A demi paia-lysé à la suite d'ime attaque, en 1861, il se xetira à Couvet où il mourut le 21 janvier 1862.
Après la chute de la République romaine, Mazzini avait gagné la Suisse et étair arrivò à Genève le 22 juillet 1849.3) Là, il retrouva une foule de proscrits, italiens, alleni ands, frane, ais, que la de fai te des révolutions de 1848 avait rejetés sur le sol helvétique. Chez les radicaux suisses, qui avaient sympatbisé avec ces zuouvements, deux tendances n'avaicnt pas tarde à se manifester: l'une, tirant la lecon de ces échecs et acceptant la stabilisation conservatrice de l'Europe, voulait donner satisfàction aux puissances avoisinant la Suisse en expulsant les réfugiés par trop compromettants et en rcstreignant les activités de leurs compagnone; l'autre, espérant encoie en une reprise des mouvements révolu-tionnaires, estùnait que la Suisse devait offrir un asile aux proscrits et favorisce leurs activités; pour elle, les relaiions diplomatiqucs avec les cours et Ics Etats voisins étaient moins importantes que la sympathic des peuples, considérée corame la plus sùre garante de l'indépendanec suisse.
Ces deux tendances n'apparaissaient pas toujours aussi clairemcnt, sur-tout au début, mais à partir de Fété 1849 elies se dessineront toujours plus net-tement et ceux qui osoulaient encorc cntre les deux ne tarderout pas à se rallier à la première.
l) Erinnerungen von ALEX/UN'UEU HEHZEN. AUB dem, russisckcn ubertrngon, ucrausge-geben and rìngeleitet von Dr. Otto ttueck, Berlin, 1907, t. II, p. 71.
8) Cf. le jwoccs-verbal de cctte seance dans la Nouvelk revua rrospettivé, t. XV, p. 77-79. Nou avons iijouté qaelqucs préaisons à cet éplsodc dans notre article Théophile Thoré et les ripublieains réfugiés an Suisse de 1849 à 1851, Rovuo suisse d'histoire, tome 14, fascicule 1,1964, pp. 1-32.
3) G. MAZZINI, Scritti oditi ed inedili [S.E.I.], voi. 40, Roma, 1924, pp. 217, 223, 225...