Rassegna storica del Risorgimento
MAZZINI GIUSEPPE; ROESSINGER FR?D?RIC-LOUIS
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1965
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217
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Mazzini et Frédéric Roessinger 217
C'est co qu'avait déjà fait Henri Druey, qui était chargé du Département do Justice et Police au sein, du gouvemcment federai. Après avoir pris diverses mesures d'intememcnt et d'expulsion contee Ics participants à la dernière in* surrection badoise qui s'étaient repliés sur la Suisse avec armes et bagages, le Conseil federai decidait, le 11 septembre 1849, d'interdire aux réfugiés francais et italiens de séjourner à moins de huit Iieues de la frontière francaise. Peu au-paravant, le 8 septembre, Druey avait rappelé à son bomologue du gouverne-ment vaudois que Parrete d'exp ulsion pris contre Mazzini cn 1836, sous Pancien regime, était toujours cn vigueur; cn méme temps, il se renscignait auprès des gouvernements francais et sardes pour savoir si, cn cas d'arrestation du révo-lutionnaire italien, ils accepteraient de le laisser traverser leur territoire pour penne ttre son expulsion vers PAngleterre. Le préfet de Nyon donna connaissance de la lettre du conseiller federai à Federico Pescantini, pour qu'il en avertisse Mazzini.1) C'est vraisemblablemcnt ce qui se produisit, d'autant plus que Mazzini s'est peut-ctre arreté ch.cz Pescantini en se rcndaut de Genève à Lausanne. L'infatigable conspirateur ne s'attarda guère cn cctte dernière ville, où il ache-vait l'orgauisatioii de la Société editrice l'Union et où il préparait la pubbli-cation de sa revue L'Italia del Popolo, dont le premier numero devait sortir de presse une semaine plus tard. S'il ne put icntrer à temps pour se rendie ebez Roessinger, le 12 au soìr, il arriva néaninoins à Genève le lendcmain matin.2)
Pour Mazzini, les mesures contre les proscrits ne nuisaient pas seulement à la cause italicnne et à celle de la Républiquc universelle, elles étaient aussi contraires aux intèréts bien compris de la Confédération. La question des réfugiés, estimaitil, n'était qu'un preteste pour les puissances voisines. C'est aux institutions libérales et à l'indépendance de la Suisse qu'elles en vonlaient. Elles poussaient la Confédération à violer le droit d'asile pour la deconsidérer aux yeux des démocrates de tous les pays, scs alliés naturels. Aitisi isolée, la Suisse succomberait plus facilement. Aussi, le devoir des réfugiés étaitil de rester en Suisse tant qu'ils le pouvaient.3) C'est la raison pour laquelle Mazzini suggéra à Roessinger de lancer une pétition pour faire pression sur le gouveme-ment federai. On remarquera son souci de respecter la légalité républicaine. Mais, si Roessinger et ses amis protestèrent avec vigueur contre les axrétés fédéraux, ils ne suivirent pas l'avis de Mazzini, craignant sans doute de ne pas réunir suffisamment de signatures.4)
Néanmoins, Mazzini put séjourner sans trop d'encombres en Suisse. La souveraineté cantonale rcndait fort difficile Pexécution des décisions fédérales, fc urto ut quaud les fonctionnaires et les magistrats chargés de les appliquer syru-pathisaient avec cerne qu'elles frappaient. Pendant un certain temps, Mazzini
15 Arehìves fédérales, Berne, Fluclitlingc, Bd 58, dossier Mazzini, lettre du conseiller d'Etat Brìatte à H. Druey, 13 septembre 1849: Le préfet de Nyon a donne connaissance verbalemcnt de votxe lettre à M. Pescantini, pour cra'il puisse informer son ami qui doit Stre à Genève .
*) Lettre à a mère, 13 septembre 1849: Tornato questa mattina . S.E.L, -voi. 40, p. 293.
s) Cf. la lettre de Mazzini Giacomo Luvini [Perseguimi du 1" aoùt 1849, S.E.I.y voi. 40, pp. 236-237.
4) En février 1851, dons le conton de Vnud, l'Association patri otique fera signer une pétition en favenr dea réfugiés.
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