Rassegna storica del Risorgimento

GARIBALDI GIUSEPPE; URUGUAY STORIA 1840-1848
anno <1965>   pagina <316>
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316 Georges Bourgin
Autiral. Salto, 22 mai 1846.
J'ai riioiiiicur de vons annonccr un trioinphe: avaut-hier, lo 20, aprcs avoir marche presquo toute la nuit pour atteindre le camp ennemi. nous l'avons surpris au point du jour et nous avons pu culbuter dans le Daiman son avant-garde, commandée pax Vcrgara qui se trouvait de ce coté du Sauce, confluent du Daiman, près de la passe de Moralcs. Lama, chef de la division, se trouvait à une lieue du camp, préparé à nous attacrucr, croyant que le but de notre sortie du Salto fut pour allcr chcrcher du ganado, nous le découvrimes à certe distancc et considérant qu'il serait inutile de le poursuivre par l'infériorité de noe chevaux, nous nous contentàmes de recueillir les débris des forces de Yergara, et nous retournions sur le Salto; ayant fait une lieue à peu près du campement ennemi, sa colonne qui marchait sur notre flanc droit et incorporait des détachements épars, comptant sur sa supériorité en cavaleric et en chevaux, se dispose à nous attaquer près du défilé d'un banado, forma ses escadrons en ligne et s'en vint sur nous au galop; nous changeàmes de front et inarchàmes au pas de ebarge de l'infanterie sur clic. L'ennemi flt balte à portée de pistolet, mais nous ne l'imi-tàmes pas. Je fis charger sans interruptiou, ce qui le décontenanga; il fit un mouvement du centre sur les ailes, qui lui causa du désordre, nous en profi-tàmes et chargeàmes vigoureusement; ses escadrons fu re ut renversés d'abord, mais par la supériorité de leurs chevaux, ils purent se réorganiser à certaine distance de notre infanterie et repoussèrent notre cavaleric jusque sur nos baìonnettcs. Cet avantage réciproque se répéta pendant trois fois; l'eimcmi se battait avec valeur, mais notre cavaleric fit des prodiges, aidée par la borine contenance de nos Légionnaircs en masse; elle finit par rompre les escadrons ennemis et les mettre en complète déronte. Conime l'ennemi s'était divise, il fut disperse dans toutes les directions et poursuivi pendant plus de trois lieues; le combat ayant été acharné, nous n'avons pu sauver qu'un des officiers ennemis; le champ de bataille est reste jonché de ses cadavres: six cents chevaux, beaucoup de montures et d'armes sont restés en notre pouvoir; l'ennemi n'avait aucun dépót. pas méme de munitions Je pense que, pour quelquc temps, nous scrons libres d'ennemis dans ce département; notre perte a été miraculcusemcnt insi­gni fìante, point de inort, huit blessés, entre lesquels le commandant Carvalho d'une balle à la joue; toutes les blcssures sont légères - l'ennemi avait trois cent e in quante hommes de cavalcrie, nous en avions deux cents et cent hommes à peu près d'infanterie. Je marchais ce méme jour au Salto avec cotte deridere; notre cavaleric est entrée hier avec une troupe de trois cents bocufs;
Je vous salus avec le plus profond respect GARIBALDI
P. S. - J'ai reco hicr un courrier du capitarne Maznllaens (des nòtres) des eòtes du Queqnay; il a une conta ine d'li ormi ics de cavaleric réunis et des chevaux en abondance, il me domande dea ordxes Ct je ne le la isserai pas inactif.
J'oubliaÌB de vous dire que le Commandant Morier a gami le Salto pendant notre operatimi. Cet oflìoier, Amirai, fait vraiment honneur à votre choix et m'est d'un seoours inexprimable. Je ne tronve rien d'impossiblc avec Un tei auxiliatre.
Agréez mes respcets. GARIBALDI .