Rassegna storica del Risorgimento

GIORNALI MILANO 1906-1909; JACINI STEFANO JUNIOR; MODERNISMO; <
anno <1969>   pagina <247>
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Stefano Janni jr. e Il Rinnovamento 247
die ". Moi-mèmc, en timi qne rédactcur d'une revue scientinque, j'bcsiterais à souscrire à ces paroles, bien que personnellement clles rcflètent parfaitcmenl mon état de conscience. En toni cas, il est certain quo, dans le Rinnovamento passe, il n'a presque point été quesiion de dogme, si ce n'est au poinl de vne objectif et historique, et que le calholicisme n'a forme que fori rarement, dans son actualité trudiiionnclle, la base de nos reeberches. Itnaginez ces points de vue différents que je vous ai imliqués se morcellant et se ramifiant dans Ics innombrables contingences de la vie quotidienne d'une revue, et vous verrez d'icì la gravite de notre responsabilité et Ics diflìcultés de notre conduite.
4 Et cela d'auiant plus que, si le Rinnovamento a évidemment une foneiion directrice dans le modernisme italien, en ce sens qu'il en est Porgane unique et puissanl, en fait, toutefois, il n'en est pas l'expression. Le modernisme Halìen n'exisle, pour ainsi dire, pas. Il y a des bommes, eminente (p. e. Gazzola), distingués, moins distingués, à peine tolérables, qui se disenl ou Se font croire modernistes. Il n'y a point d'unite, il n'y a point d'idéal commun. H y a du mysticisme, dn scholasiicisme rcnouvelé, du pragmatismo, du scepticisme, du socialisme, du materialismo à peine spiritualisé; il n'y a point de modernisme. H n'y a point de programme: l'accusation d'agnosticisme, qu'on nous lance de Rome, s'applique trop bien à quelquesuns d'entre nous, pour que nous puis-sons y répondre viclorieusement. L'élémenl qui provient du clergé, au lieu de nous ètre une force, nous est une grande faiblesse. Et pour réunir, pour orga-niser, pour vivifier un tei corps, un petit groupe de jeunes gens incertains et un éminent étranger devraient suffire?
5 Il y a, en ontre, la difficullé financière. Vous nous offrez, monsieur le baron, une somme très forte, avec une générosité dont nous sommes profon-dément reconnaissants. A cette somme nous ne pouvons ajouter, de notre coté, que fort pen de cbose. Mais ce que nous ne pouvons point faire, c'est de vous obliger à nous garantir cette somme pendant un certain nombre d'années, cornine il serait nécessaire. C'est, nous le savons, une ebarge trop lourde pour vous, et une responsabilité trop grave pour nous-mèmes. Le Rinnovamento d'ailleurs n'a jamais eu de bilan annuel bien précis. La somme que vous nous offrez suffi-rait probablement à sa continualion, mais nous n'en savons rien. Ce que nous savons, c'est que Casati, dans ces trois années, par la fante d'Alfieri et de son eccessive générosité a dépensée 50.000 fra.
La conclusion de ce que je viens de vous exposer est, en résumé, bien triste. Elle est d'auiant plus triste que la combinaison que vous nous proposiez était la seule à qui Casati veuillc ou pùt {sic) confìer la contìnuation de la revue, qui est en somme, au sens matèrie! du mot, sa revue. De sorte que, si aucun fait nouveau ne surgit dans ces tous deruiers jours, le proebain fascicule du Rinnovamento sera le dernier de la revue.
D'ailleurs, etani données les uonditions dont je viens de vous parler, je ne saurais m'en attrister outre mesure. Nous avons tentè une entreprise de beaucoup supérieure à nos forces, et nous nous en sommes tirés, pendant trois an­nées, avec honneur. Nous avons toua besoin de nous recueillir dans une intense élaboration inlérieure, de nous révélcr en quelque sorte à noiiB-mèmc avant de nous révéler au public (...) Et qui sait si nous ne trotiverons pas, dans un type de revue très différent de celui qui va moni ir, un inuirument de travati plus adapté à notre condition actuelle? . ')
9? A, h cari, HI, fase G, n. 23.