Rassegna storica del Risorgimento

TRIVULZIO CRISTINA
anno <1971>   pagina <203>
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La princesse Belgiojoso 203
Apollon, musicien, patrìote comme elle; mais elle ne petit l'arracher à des habitu-dea de débauché ei se détache de lui; cependant, elle eviterà tonte rupture ofìi-cielle tant qu'elle croira son époux dévoué a la cause italienne; l'incondnite da prince qu'elle semble aiusi tolérer, fait croire à la sienne; elle n'en a cure. Ses déceptions conjugules Pont sans douic dorcie; comment pourrait-elle déaor mais aimer un liomme pour lui-mème et borner à lui son horizon? Meme ses sentiments ponr Mignet sont nés d'abord de l'espérance qu'elle a mise dans le vainqnenr de Juillet. Vera 1828, elle s'est lancée, à corps perdn dans l'action poli* tique clandestine} et n'y a rencontré, encore, qne des échecs. Ces tramimi.ismes snccessifa ont altere sa sante; fraicbe et ronde dans sa prime jeunesse (d'après les nombrenx portraits que reprodnit Malvezzi), elle devient, à vingt-cinq ans une grande femme maigre, aux yeux brulants; sa pàleur de perle est célèbre* autant que ses longs chevenx d'ébène. Ses nerfs, très ébranlés, la tourmentent sans cesse: elle a des spasm.es, des i ics , nevralgica qui lui broient alternati vement le cràne et la poitrine; elle tousse l'hiver et parfois crache du sang. Ponr sonlager ses propres souffrances, elle deviendra experte dans l'art de soigner et de guérir, et elle se dévouera comme infirmière à plusieurs reprises. Elle a, pa-rail-il, fumé l'opinm; si c'est vrai (Malvezzi le nie), elle a su Futiliser avec pru-dence, comme un medicamene più tòt que comme un stupéfiant. Sa nervosità la rend instable: elle est sans cesse assaillie de pressentiments, ligotée de superati-lions; elle voyage, se déplace, change de residence, plusieurs foia par an; elle a besoin d'amis nombrenx avec lesquels elle se bronille et se réconcilie; elle est d'une actìvité Lnsatiable et entreprend mille tàches sans étre toujours capable de les poursuivre. A cet égard, elle forme avec Mignet, si solide, BÌ atable, ai casa-nier, un contraste saisissanL
A travers cette dispersion, l'intensité de son actìvité intellectuelle force Fadniiration, Sans doute elle doit à ses parente une éducation exceliente, rare à Milan en ce temps; mais surtout elle a poursuivi tonte sa vie, seule ou avec l'aide de ses amia, l'acquisition d'une culture personnelle et varice. Elle attire chez elle les gens doués et cultivés, quel qne soit leur milieu social, sachant accepter, à cause de leurs mérites, leurs saules d'humeur, leurs bizarreries, leurs grands et petite défauts. Aussi trouve-t-on dans son salon une société nombreuse, très mélée, mais tonjoura compoaée d'hommes et de femmes remarquables, artistes et poètes, écrivains et savanta, hommea politiques d'opinion et de nationalii.es di* verses; et quand ils se montrent amia fidèles, elle leur est, malgré les brouilles paasagèrea, durablement dévouée. Elle ne s'inféode jamais à une école, à une mode, à nn parti; en tont elle conserve une sonveraine indépendance de juge-meni et une grande souplesse d'adaptation, aussi bien lorsqti'il s'agii d'apprécier la musique romimtique qne quand il faut décider la constitution politique de l'Italie.*) Elle voyage souveni, Ut beaucoup, écrit presque sans relSche. Ses con-naissanccs sont étendnea, non Benlement en musique, potature, littérature, mais également dans des domaines plns anstères comme Phistoire, la philosophie, et méme la ihéologie, car sa foi chrétienne est profonde, méme si sa piété, très ita-Henne, parali ostentatoire aux Parisiens de ce temps. Cette vaste culture, sensible dans ses lettre*, se manifeste surtout dans ses publieations: oulre de nombrenx
1) En jreFn 1839 Llazt lai reproche d'avoir donno tut concert de musique ancien­ne ; elle en convieni, en u Ai mi uni quo ce concert u'utuit dirige contro persoime. Pour ce ani est de hi Constitution italienne, elle a toujours dii qu'elle ne ralliorait ù lu ré-pnblimte ai elle jugeirit cette forme do gonvornemenl 'pira propre h unir leu lui Mena.