Rassegna storica del Risorgimento

TRIVULZIO CRISTINA
anno <1971>   pagina <204>
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Yvonne Knibiehler
articles de revue,-) elle a laiasé notamment un Essai sur la formation du dogate catholique, une Lraduciion commentéc de la Science nouvelle de Vico et une Hisloi-re de la Maison de Savoie. On a souvent douié qu'elle fui l'auteur de ces savauts onvrages. Cesi lui faire injure. Cerles, elle excelle à. se faire aider: de Mignet, de Jules Mohl, d'Augustin Thierry, de l'abbé Coeur, elle obtient dea conseils, des plana, dee correctìons; mais l'idée initiale, la synthèse, la rédaction sont bien d elle* D'ailìeurs, malgré l'apparence mondaine et parfois dissipée de son existan-ce, elle est, autant que Mignet, au service d'une idée et d'une canee; tona ses offerta sont orientéa vera le méme but depuis sa jeunease jusqu'à sa mort: elle est une des apòires les plus ardenta, les plus tenaces du Risorgimento, Ses idéea varieroni dans le détail, mais pour l'essentiel sa vocation demeure inébranlable; elle veut chasaer les étrangers da sol de l'Italie, et donner aux Italiens la con-science de leur solidarité. A Paria, elle réusait à rallier autour d'elle de nom* breux réfugiés et à leur rendre l'eapérance; elle vent surtout faire connaitre la cause italienne, et dans cette tSche, rien ne l'intimi de, rien ne Parrete: Elle fui avee pina de flammea ce que Mine du Deffand avait été au XVffl* siècle avec pina d'esprit; et vingt ans pina tot Mme Récamier avec plus de majeaté: elle fut un centre... Peraonne ne fit plus qu'elle en France pour la propagation de l'idée italienne . -' Son désin téressement, son courage, sa persévérance, et méme ses illusions, sa témérité, ses imprudences in spi reni de l'eatime. Qualités et défauts, force et faiblesse, elle a toni mis au service d'une cause qu'elle a vue enfin trioni-pber. C'est un caractère d'une trempe exceptionnelle.
Sa liaison avec Mignet est déjà connue en 1833: les journalistes en jasent quand Mignet part pour Madrid. Les débuts sont orageux: Mignet supporte mal de voir Ghristine accepter tant d'homraages, se plaire à certains jeux mon-dains; sa fierté et sa jalonsie s'exaspèrent. La brouille la plus grave survieni à la fin de 1835, peut-étre à cause de Musset, et dure pluaieura aemaines au cours desquelles les amante séparéa sont ai malheureux et si désagréablea que leurs amia s'entremettent pour les réconcilier. Christine veut alors prouver à Mignet la sincerile de son attacbement en donnant à leur union au moins lea apparences d'un sacrement: en février 1836, aprèa avoir entendu un sermon de l'abbé De* guerry sur le pardon des offenaea, elle fait célébrer une messe à Iaquelle elle as­siste à coté de Mignet, en présence de quelques intimeS (cela, le jour méme où Thiers devient pour la première fois président du conseil).
Deux années de bonbeur presqne sana nuage auivent cette cérémonie. La liaison est alors quasiment ofiicielle: leurs amia communa a'adressent indine* remment à Mignet on à la princesse, cbargeant l*nn de messages pour l'autre. 3* Lea lettres de Mignet lui-méme abondent en détails sur la sante de Christine: La princesse n'est pas vaillante eonfie-t-il à Thiers le 8 octobre 1837, juate après avoir domande dea nouvelles de Mme Thiers; et plus tard, refusant une invi* tation de Mme Dosne en vacances à Lille, il invoque coni me excnse: La sante de la princesse me retient . J 11 essaie ausai de mei ire indirectement sa f am ili e
i) Notamment dans In Revue des Deux Mondasi mala ausili dans lea revue ita* Henne qu'elle a elle-mème fondéea.
2) Cfr. HANOTAUX, Henri Martin, dia pur E. PETIT, p. 139.
3) Par esempi*::, le general Sebastiani, lettre a Mignet, datée de Londre, 15 de-cembre 1837; Niccolò Tommaseo, lettre h Miguel datée de Nantes, 10 juin 1838; Thiers, dans pliifiienrs lettres. Ardrives famiUalea.
4) Lettre de Mignet a Mme Dosne, non datée (1838?); voir ausai les lettres des 11 juin 1838, 7 Juin 1839, 16 juin 1839, adresséea à Mme Dosne., A, F.