Rassegna storica del Risorgimento

TRIVULZIO CRISTINA
anno <1971>   pagina <205>
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La princesse Belgiojoso 205
aixoise àu courant de sa liaison: depuis quelques annéea il s'intéresse offecLu-eusement aux études de son neveu par alliance Etienne Michel;1) il aitire le jeune nomine à Paris, le condnit chez la princesse, cherche à le relenir auprès de lui, à en faire un trai! d'union entre ses parente et son amie: Ma situaiion pécuniaire est devenue meilleure, et il est jusie que j'en lasse profiter ma famille. Ton séjour ici n'impoaerait pas de nouveux sacrifices à ton pere... Si tu veux des disi.ruci.ions qui ne coutent rien à ta sauvagerie, tu pourras èrre dans la maison de la princesse qui est un peu plus animée maintenant par ces jeunes filles. On ty airne beaucoup, on a une grande estime pour tes qualités, et on s'interessa vi-vement à ta position .2)
La maison d'Anjou Saint-Honoré où réside la princesse est en effet fori gaie. Christine a fait venir près d'elle ses troia jeunes soeurs dans l'intention de Ics marier, puis son frère et des cousins. Les grandes reception sont fréqnentes, fameuses surtout par les magnifiquea concerts que l'on y donne; le prince Bel-giojoso y participe volontìers et ne dédaigne pas de faire entendre sa voix d'or; il amène les jeunes noctambules avec lesquels il s'est Iié, dont Mnsset, et les féles durent tard dans la nuit.
Le 23 décembre 1838, Christine met au monde une petite fille qui regoit le prénom de Marie. Cette naissance installe un nouveau tourment dans la vie de la princesse; en effet, le prince, son mari, refuse de reconnaitre l'enfant et s'op­pose à ce qu'elle porte le nom de Belgiojoso. II est vrai que la fin des rapports conjugaux était ancienne et notoire; mais Christine et Emile avaient conserve en apparence des relations amicales, du fait de leur exil, de leurs communeS convictions politiques, de leur commune passion pour la musique. D'autre pari, ce reniement brotai n'est pas dans les usages d'une ariBtocratie où de teUes situations n'étaient pas inconnues: Vigny, en 1833, avait écrit sur ce thème un proverbe, Quitte pour la pear, où l'on voit un mari volage, apprenant que sa lemme délaissée est enceinte d'un autre, et venant ostensihlement séjourner auprès d'elle, afin de pouvoir reconnaitre l'enfant qu'elle atiend. Emile Belgiojo­so n'a pas eu cette politesse; on s'en étonne moine, quanti on le volt, quelques années plus tard, essayer d'extorquer à Christine une forte rente, en échange d'une promesse de légitimation. En effet, Christine a cherché toute sa vie à obtenir la légitimation de sa fille; elle s'y est employée surtout à partir de 1856, espérant profiter des troubles mentaux dont souffrait alors son mari; après la mori de celni-ci elle a soutenu une action en légitimation devant le tribunal de Milan: elle a dù prouver qu'elle cohabitait avec son mari à l'epoque de sa grossesse, et faire une déclaraiion sur l'honneur; c'est un ami intime de Miguel, Charles Giraud, memhre de l'Instimi, qui Faide a réunir ces pièces et qui les trans* met de Paris à Milan. Pendant la durée de la procedure, la princesse en fait con* naitre les péripéties à Victor Cousìn, sans doute pour ménager Mìgnct: à ce
1) L'ainée doti soeurs de Mignet avait épousé un veuf, dont le fils, Etienne Michel, né en 1812, se destituii aux études bJstoriqnes, et avait été deux foia distingue par l'Acadénùe dea Inamptions et Bellee Lettres: en 1836 pour un Mémoire tur les colo-nìes fmngaUes d'Aure Mtinnire; en 1838 pour un Mémoire sur les ndites d'Eniremont et trae elude sur les Salyetu. Maia une grave maladie le remlit aveugle et il mourut à vingt-Juiil aus.
0 Lettre du 11 nuii 1837, cltée par En. PETIT, p. 100. Le projet échoua à cause de la mauvaise ante d'Etienne.