Rassegna storica del Risorgimento

TRIVULZIO CRISTINA
anno <1971>   pagina <206>
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Yvonne Knibiehler
dernier elle n'indìque que l'issue finale (positive), très brievemente et en annon-ant aussitót avec volubilité, leB fiancailles de Marie... ' '
Les lettre échangées entre Mignei et Christine ne permetteni pus d'établir formellement que Mignet ait été le pere de Marie; épiée à la foia par la police autrichienne et par son mari, Christine sait que ses letlres peuvent étre onvertefi et impose à ses correspondants comme à el'Ie-méme une exiréme prudence. Mi* gnet a-t-il cru à sa paternité? Ses doutes signifieraient qu'il connaissait et accep-tait encore en 1838 des infìdclités de la pari de son amie, ce qui est peu vrai-semblable; sa dignité, sa fierté naturelles, in ter di seni, de Ini supposer des com-plaisances de ce genre, et moins encore pour une aristocrate que pour tout autre fetonte. En outre, Mignet n'est pas l'homme des plaisirs faciles: il n'a rien d1un cynique, ni d'un jouissenr; son éducation lui a donne le eulte des vertus domesti-ques et des liens familiaux; il est réservé, respectueux des femmes. Lorsqu'il s'attache à Christine, il a plus de trente-cinq ans; toute son attitude, alors, si-gnifie qu'il refuse de voir en elle une partenaire épisodique, qu'il la choisit com­me une véritable compagne, et qu'il exige d'elle une absolue fidelité. C'est pour* quoi il est dificile d'adinettre qu'il ait regardé Marie comme l'enfant du hasard (elle porte d'ailleurs le prénom vènere de sa mère, Marie Mignet). Si donc il s'est cru pére, quelle pouvait ètte sa conduite face à celle du prince Belgiojoso? Pouvait-il chercher à assumer au grand jour ses responsabilìtés? Cent été faire éclater le scandale: rien n'indiane qu'il y ait songé. Son comportement ultérieur donne plntot à penser qu'il essaya de ne pas dramatiser la situation et qn'il traila par le mépris la décision du prince.
i) Les biograpbes de la princesse mentionnent la naissance de Marie comme un événement acci dentei et sana importance; aucun d'eux ne mentionne le refns de pa­ternité du prince. L'acte de naissance de Marie a dispara, avec la majenre partie de l'état ci vii parisien dans l'incendie de 1871. Les pièces de la procedure engagée, à Mìlan en 1858 ne nous ont pas été communiquées. Mais notre interpretation a été suggérée par les lettres de la princesse; ses lettres à Mignet nona ont d'abord alerte: le 16 décembre 1858 la princesse s'inqoiète de ne pas avoir reca les papiers réunis par M. Girane, elle ajonte Le nouveau conseiller pupillaire ( je ne sais comment cela se dit en Francois) donne à ma Bile premi bcaucoup d'intérét à la chose, et les degrcs de juridiction m'ont donne récemment des marques inconteslables de favenr c'est niènte là ce qui a ponssé le CouseiJ de mon beau-frèrc à en appeler des résolutions de la 1" et de la 2 instance au tribunal suprème, contro Vévidente injustice doni ila se disaient les victimes... Remerci cz pour tuoi M. Girami auquel j'écrirai dès qtte je pourrai lui annoncer Farrivée des papiers; et priez le aussi de ne pus m'oubiier, ni se décourager. Il ne faut pas que net interrogatoìre ait eu lieu en pure perte; sa non apparition nous ferait beaucoup de tort.... Le 11 décembre 1860, elle écrit Ma grande affaire, l'affaire de ma Itile, est coraplélement termìnée et avec un plein succès. Le tribunal et la sedete m'ont été favorable. Le lendemah. da jour que la sentence a été signifiée à mon beau-frère j'ai reca dettx pelites enveloppes, fune à mon adresse et l'antre a Melle la Com-tesse Marie Burblano de Belgiojoso, comenani les carte de mon beau-frère. C'était le etti qui n'arait pas encore reeonnu ma lille cm* peraonne excepté lui n'a attenda Parrei du tribunal. Maia rien icj bus n'est ausai beau vu de prèa qu'à distante. Pai traine pendant 21 ans un boulet en me disunì que le jour qu'il mo serait oté et quo je no cramdrais plus do me voir enlever mes droits de mère, sentii le plus beaa jour de ma vìe*. D'antro part les lettres de la princesse à Victor Causili* conservées à le bibliothèque Victor Cousin a la Sorbonne confirment rhypothèse que nous proposons. Nous avons contiti Uè en outre les colleotions conservées à la Bibliothèque Nationalo (Lettres à Lisst BNJSAF 25198 f. 28 a 105 et 25180 f. 131 a 159) et à la Bibliothèque de J'fnetitui de Franco (Lettres de Jules MohL MS 2975 et 2981).