Rassegna storica del Risorgimento
TRIVULZIO CRISTINA
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1971
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207
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La princesse Belgio}oso 207
Mais Christine en (ut incapai) le; frappée d'épouvante, obsédée de reni orde, elle crai nécessaire de bouleverser tonte son existence pour tenter de sauver 1 avenir de sa fille.l) U semhle ponrlant qu'elle ait d'abord essayé de suivre l'avis de Mìgnet et de lenir la naissance scerete. Pendant sa grossesse, pois après sa délivrance> elle a vécu umidi à Versailles, presque senle, tantdt à Paris, sans sortir. Avec l'aide d'un honune de confiance, Bianchi, elle cache l'enfant.8) Cesi alors sans doti te qu'elle a travaiUc à son Essai sur la formation du dogme cu-tholique, avec l'aide de l'abbé Coenr et de Mignei auqnel elle demande des li* vres en signant ses lettres Voire recluse dévouée . Au printemps de 1839, pour donner le change, elle organise à nouveau qnelques concerts de musique ancienne > (dont Liszl lui fait grief ), mais elle annonce déjà son inteniion de quit-ter le monde. Au mois de juin, sous prétexte d'aller assister aux fètes du couron* nement de la reine Victoria, elle passe la Manche; elle Ione un petit chateau, Thiek Thorn House près de Kenilworth, et y reste six mois, jusqu'en novembre, avec tonte la colonie de la rne d'Anjou , soeurs, frères et cousins. Levée à troia henres du matin janiais de toilette, ni de conversa ti on, ni de prétentions , elle marche tout le jour dans un pays où la nature est aussi sauvage qu'en Arabie 3) et elle affirme : Pai trente-et-un ans, et dès que j'aurai marie ma plus jeune soeur, je vivrai pour moi, c'est-à-dire, hors du monde . Elle passera pourtant encore un hiver à Paris; mais cette vie de mensonge et de dissimulation lui est intolérable et provoque entre les amants des disputes eoniinuelles. *) Elle quitte à nouveau la France, au seuil de l'été de 1840, et va d'abord prendre les eaux à Ems, d'où elle écrit à Mignet des lettres brèves mais affectueuses. Puis elle se réfugie à Locate, fief des Trivnlzio Pai essayé pendant plus d'une année de m'accoutumer à la vie que Bianchi voulait me faire et je n'en suis pas venue à bout, Je préférerais m'établir au centre de l'Afrique plutót que de recommencer. Cette vie ne répugnait pas seulement à mes sentiments, mais à mes idées de devoir aussi. Cent été manquer de courage et de dignité que de m'y soumettre, et c'eùt été en ontre, subir une torture de tous les instants .R) A Locate, elle vit libre* meni avec Marie, et se prend pour elle d'une tendresse passionnée; cette mon-daine devient une mère attentive et douce, vite anxieuse, vite émerveillée; dé-
I.I Chaque Fois qa'une grande épreuve lui est infligée, elle reagii de la mente manière, par la finte, la rupture avec le passe, le changement compiei d'actàvité.. Il y a ainsi dans sa vie troia conversions: en 1831, elle ubando une l'action clandestine à MUan, pour un effort de propagande à Paris; en 1839-41, elle va fair la France et entreprendre dans la campagne lombarde une oeuvre de régénération paysanne; en 1849*52, après l'échec de la guerre de libératìon en Italie, elle s'en ira défricher le sol de l'Aliatoli e. A cheque étape, la còse est plus longne et le besoin d'éloigenement plus marqné, mais le comportement est le wéine.
2) C'est pent-èire ce Inmentabla épisode qui inspira au marquis de Gustine, son ronian Etimi. Il y reprimente la princesse sous les traits de la connesse de Montllicry, dont la retraite et les prétendus malaiscs dissiniulcni les plus honteuses débauché*.
Bianchi devft cliercher plus tard à monnayer sa complicitó et il s'odressa pour cela à Mignet. Cf Lettre de la princesse h Mignet, Locate, 21 avgH 1843.
8) lettre Lìssst, 6 Aofit 1839, Bibttotheque NnHonale.
i) Jnles MohL que Christine consulte pour BOU Essai sur la dogma ciitholique, a eu plurieun fois l'oce-asioii d-assister à oca disputes. Cf. ses lettres à Mary Clarice, Instimi de France, MS 2975 et 2981. laica Mohi était un remarquable orientalista d'origine aUeroande.
0) Lettre à Mignet, Varese, novembre 1841.