Rassegna storica del Risorgimento

TRIVULZIO CRISTINA
anno <1971>   pagina <211>
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La princesse Belgiojoso 211
Mais, cornine leur amour, l'anùrie de Miguel et de Christine est traversée de conflits aigus. Le plus grave est d'origine poi ili que: Mignel juge mal fonde roptimisme généreux de la Gazzetta Italiana. Celle-ri souhaite associer les masses à la libéraiion de l'Italie et plaide en faveur de leur educatimi et de leur émancipation: or rh istori en de la Revolution Franca ise éprouve une mé-fiance insurmontable à Tégard de la classe inférienre. D'autre pari la Gazzetta prèche pour l'unite itali enne (sans en préciser la forme) autant que pour Vindépendance nalionale, alors que le déterminisme de Miguel s'appuie sur la géographie pour démontrer l'impossibilité d'unifier la péniusule. Ces argunients. doni elle seni lout le poids, ne font qu'exaspérer Christine qui finit par classer son ami panni les gens de la raison glacée (en compagnie de Laprade, de Mme Jaubert. des peintres Scheffer et Chenevard, etc....). Contre lui elle se défend par des aarcasmes, cornine dans celie caricature qui sonligne si hien le contraste de lenrs denx tempéraments: Mignet ayant conseillé à Thierry de profìter de sa solitude pour travailler. elle rétorque:
Le mot de M. Mignet est un de ces mote qui font la joie des traceurs de carac-tère. Profitez de votre solitude est magnifìque! Mais M. Mignet ne saìt pas que profì­ter et jonir soni, denx verbes qui s'excluent rériproquenient. Profìter c'est retourner les ehoses en tous sens, les dépecer, en tronver le bon coté et s'en tenir à celui-là. Jouir est un acte qui n'admet ni recherche, ni examen. Cesi un acte siniple et que l'analyse détruit. Jouir d'un bien c'est l'embrasser les yeux feranés, le jugement snspendu, et s'il y a du mal mèle au bien, comme il y en a toujours, il passe avec le reste et on ne s'en dome pas. Or ce quHl ffiut dire pour ne pas désespérer de l'action de la justice divine panni nous, c'est que Fliahitude de profìter rend incapable de jouir. Et voilà ponrqnoi M. Mignet n'esl peut-étre pas le plus heurenx des mortela >.-)
HS ont l'un et l'autre des personnalités fortes. des convictions farouches, dea caractères opiniàtres: ils ne cesseront jamais de s'affronter. Mais leur atta* chement réciproque resiste anx désaccords, aux querellcs, à tous les dramee. Dans les dernières années du regime de Juillet, les lettres de Christine sont à nouveau longues, nombreuses, riches de détails concernant Marie, pleines de tendresse et de confiance.
Vos lettres me font grand piai air mon ami; elles vous peignent tei que VOUB étes; satisfai*, fort et serein; romprennnt beaucoup de clioses et coment des resultata
patriotes italiens Fespéruncc et le conrage que les échecs de Mazzini avaient anéantis. L'impalili ve Christine s'enthonsiasms hnmédiatement, et prétend aider de tontes ses force* an réveil du nationjilisme italien. Elle fonde d'abord en octobre 1844 la Gazzetta italiana qui deviendra au débiti de 1846 VAunonio, Rivista italiana mensile; c'est un périodiqne public a Paris, en italien, à rìntention des réfugiés italiens, mais ausai des Francois cttltivés, afin de fai re connaitre le progrèfl récents accomplis en Italie et les chonces futures de celie natton. Christine assume elle-mème une grande partie de la rédaciion. mais elle obli col la collaboratimi plus ou moins acri ve d'hommes ausai illu­stre* 'lini Manzoni, Leopardi, Massimo d'Azeglio, Niccolo Tommaseo, Terenzio Ma* mirini. Gino Capponi. En 1847, quand les événemenls se prériphent, VAuxonio devient un bebdomadaire d'infonnalìon redige en francate.
i) Lettre à Aagnstin Thierry, 11 dicembre 1844, citée par A. Ave. Tu IEHHY, op, éiu, pp. 205*206 Christine envoie les réfngias italiens miivro les cours de Michelet au College de Frane* (Cf. P. ViAtXAimix, op eh.) ; elle reste en contact avec Ics Saint Simonicns (Cf, F. A. ISAMBRHT, Bucherili ces initiatives déplaisent Mignet.