Rassegna storica del Risorgimento
TRIVULZIO CRISTINA
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1971
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Yvonne Knibiehlar
que vous présente voLre intelligence. V009 avez one ;i. Imi rubli- constitution et j'espère que vons la garderez longtemps ielle qu'elle est nujourd'hoi. '-' > <
Il se peut qne vous ayez cinquanta ans, mais il est posib'f que vous n'avez rien de ce qui accompagno Ica cinqnante ans. Vous avez la force, la sante, la beante et l'espérance, et ce qui. rend vieux, c'est la perle de tous ces beaux dons. A Dieu mon ami, revenez none vite; et si vons m'aàroez comme je mVa sens assurée, ne négligez pas les occasions de me voir.2)
C'est, semble-t-il. avec l'approbation et Tappiti de Mignet gu'elle se rend à Londres en aofit 1846 et qu'elle prolonge ensuìte ses séjours à Milan ponr tenter d'y implanter sa gazette. C'est sans doutc à cause d'elle que Mignet s'intéresse anxieusement aux iroubles qui agitent l'Italie en 1847; c'est à cause d'elle qu'il compromettra irrémédiablement sa situation en 1848. '" Leur histoire n'est donc pas finie, mais elle est déjà lourde de sens et de conséquences.
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A la princesse Belgiojoso, Mignet doit sans doute un élargissement de ses relations. la rencontre de nombreaux étrangers réfugiés à Paris (encore que ses rapporta avec eux soient demenrés superficiels), un intérét particnlier ponr l'Italie et ses habitants; il lui doit aussi peut-etre un respect retronvé pour les dogmes catholiques et l'Eglise romaine. Mais il a surtout recu d'elle une édu-cation sentimentale qui le met en mar gè de la bourgeoisie libérale; ce milieu prati que en effet le mariage d'argent et le liberlinage, usages qui réduisent la femme à l'état d'accessoire. Pour Mignet, Christine Belgiojoso n'est ni un moyen d'augmenter sa fortune, ni un simple instrument de plaisir: il la considère comme un autre lui-méme, tout en respectant sa singolari té. Et ce n'est pas là un enivrement de jeunesse: à la fin de sa vie, il ne reniera rien, il resterà fidèle; on ne lui connait anemie liaison après Christine, et il a toujours refusé le mariage, bien que la solitude du célibat lui ait été douloureuse, au dire de ses amia. Ce comportement inhabituel s'explique peut-etre par le milieu familial, par la vénération qu'il voue à sa mère et l'affection qu'il porte à ses soeurs. H constitue aussi le premier signe d'une démarcation entre Mignet et son milieu; il y aura d'autres signes: Mignet refuserà avec hauteur, presque avec horreur, toutes les affaires, toutes les occasions de s'enrichir qui lui seront proposées; il s'écartera obstinement de l'action politique. Ces différents aspeets de son détachement ont frappé ses contemporains qui l'on sonvent mal compria.
1) 12 eptembre 1846.
ti Non datici 1846.
8) II dresse, le 28 avril. 1848, une lettre aux patrìotcs lombarda pour les exhorter ,i s'unir avec le Piéroont ; c'était une lettre privée, mais elle fut publiée sans l'aceord de l'auieur par plusicurs journaux italiens, La Gazzetta dì Milana, le 22 Mano, pitia por le journal pariaien et républicain La Rèi orme (20 mai). Lo nouveau ministre des Affaire Etrangères, Jules Battìi rie, ardent répuhlicuin, très hostile au rox de Sarda! gne, demando à Miguot, Diracteur des Archi ve des Affaires Etrangères, de de-mentii* sa lettre ou de dùmÌHìouner. Mignet envóie sa détnission: il se privo ainsi d'un trai temoni qui constitiialt l'essentie] de ses ressources et d'un lot d'archives indi-pensable a son travail; ponrtant, malgré les intcrveniioiis ullirieures de Lamartine, de TUiers, de Victor Couttin, il refuserà de reprendre son poste.