Rassegna storica del Risorgimento

BORDONE PHILIPPE JOSEPH; GARIBALDINI
anno <1971>   pagina <272>
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272 Ferdinand Boyer
Triimcria, M. de Flotte, ancien représentaut élu ù l'Assemblée Consti tuante de 1848, et M. Bordone, ingénienr milita tre francala. De son coté, le capitali) e de fregate Pierre Boyer, commandant la Mouette. bateau de la marine de guerre francaise en survcillance sur les còtes sicilienmes, informa son chef hiérarchique, FAmirai de Tinan,1) le 13 jiiillel, du ròle confié ù Bordone par Garibaldi: Un ingénienr frangais, M. Bordone, arrivé ici par le Médéah le 2 juillet, dirìge à Palermo nne fonderie où, pour le moment, on ne fabrique que des obueiers de montagne dont on fera qnatre batteries. Cette affectation d'un médecin de formation à la direction d'un, atelier de fabrication de canone apparai trait cornine inooncevable si Fon ne se sonvenait de Fesprit inventi? de Bordone, tour à tour utilisateur de ballons captila pour des bombardements on déconvreur de gisements eharbonniers. Garibaldi comptait d'ailleurs à cette epoque sur son infanterie snrtont, et Boyer le disait à propos de la fonderie confiée à Bordone: Plus tard, on y fondra des pièces de campagne, mais on se borne aux obusiers de montagne, parca que les chevaux manquent pour former des batteries de campagne. Garibaldi tient plus à avoir quelquea cavaliers pour completar les victoires qu*il pourra remporter que de Fartillerie de campagne qui gcnerait Bea marches... . Mais il y avait d'aulres empecbements signalés par le Comman­dant Boyer; Il n'y a pas àssez de metal pour fondre des canone; celui qu'a fourni la fonte des cloches de Pai erme est trop cassant et on est obli gè de Fenvoyer à Génes ou à Marseille pour le troquer con tre du cuìvre .
De ces difficultés, Bordone pronai lieutenant-colonel, ne parla pas, dans les pages qu'il publia en 1891 sur son role auprès de Garibaldi; Finsi3tance mise par lui à eignaler Fincapacité de Paul de Flotte à s'exprimer en ilalien fait penser que lui, Bordone, connaissait assez bien cette langue pour dirìger le personnel sous ses ordres. Le 20 juillet, Boyer écrivait : On fond mainte-nani des canons en bronze à la fonderìe de Palerme; ces canone doivent lancer eans rayures des projectìles de Finvenlion de M. FIngénieur Bordone qui dirìge la fonderie. Ces projectìles oblongs ont une disposition de surfaces ielle qu'ils prennent un mouvement de rotation autour de leur grand axe et leur portée est la mòne que celle des projectìles lancés par des canons rayés , Boyer n*émettait aucun doute sur la valeur de cette invention.
Avec la première batterìe fondue a Palerme, Bordone débarqua le 18 juillet 1860 dans le petit port de Patti, y réquisitionna des attelages, ùnprovisa des barn aie et, le 19, se dir igea sur Milazzo. Ces canons n'avaient rìen d'impres-sionnant à en croiré; un autre garibaldien francate, Ulrich de Fonlvielle qui nota dans ses Souvenirsi -) Ces engins d'occasion peints en noir et montés sur des affuts grossiere en bois, avaient nne tournure peu militaire. Je me figurai voir de ces joujoux en carton, délices de nos premières années. En m'en allant, je ne pus m'empécber de rìre, car artillerìe et artilleurs semblaient pleins de bonne volante, mais pouvaieut-ils faire antre cbose que de jeler de la pondre aux yeux des Bourboniens? .
Les canons de Bordone n'arrivèrent à Milazzo qu'aprèa la bataille et la
i) Paris. Àrchivea Nationalee, Marine B B 4, no 784. Le Vice Àmìral de Tinan, dont le vaiseaù, I. Bretagna etait etationné a Naplce, avait éerit un Ministre de la Marine que les deax paquebota francai*, la Provenne et le Médéah, avaiextfc apportò à Palerme des uiaclùnes à rnyer les ranone. cf. F, BOYRB, La Marine frondóse et Garibaldi {MaUAoùt 1860 dans VArchivio storico Messinese, 19574959.
2} Unite DB FONTVIEU.K, Souvenir d'une C'Immise Rouge, Paris, 1861.