Rassegna storica del Risorgimento

CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA LETTERE; CARTEGGI (CARLO ALBERTO-M
anno <1976>   pagina <370>
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Paul Guichonnet
cher marquis, je vous embrasse de bien bon coeur et me prépare à vous en dire davantage lors de votre arrivée. En attendant, je suis pour toujours
Votre affectionné ami
Charles Albert
La période dramatìque de la Revolution de 1821 n'est représentée quo par une lettre, qui rend un son sdngulier. Le 15 mare, jour méme où il jure fidélité à iLa Gonstàtution, Charles-Albert, que ses biographes dépeignent cornine un nomine anxieux, deprime, travaillé de pensées contradictoires, prend la peine d'écrire au marquis d'Yenne pour rentretenir de la manière d'arborer l'ordre de Léopold...
Ce 15 mars 1821
Je vous envoie ci-uni, mori très cher marquis, votre plaque de Léopold, et je me fais une grande féte de vous porter moi-meme celle de l'Annonciade, à l'epoque de la féte da noi. Comme j'ai vu que toutes les persomies qui ont cet ordre imperiai le portent en metal, ce qui le rend beaucoup plus joli, j'ai écrit à ma mère à Vienne de m'en envoyer une de celles les mieux travaillées.
Vous ètes bien aimable, mon cher General, de me proposer de vous occuper de mon logement; mais comme je ne m'arroterai que fort peu de tems, j'irai dessendre à l'auberge de la ville.
Je vous embrasse et suis pour toujours votre très reconnaissant et très affectìonné ami
Albert de Savoie
Ajoutons, par contre, aux lettres de CharlesAlbert un document intéressant, dans lequel le roi Victor-Emmanuel 1 donne son sentiment sur les événe-ments de 1821.
Nice le 4 may 1821
Pai recu mon cher Marquis votre lettre du 15 avril. Connoissant parfaitement la fermeté de vos excelents principes, et de vos sentiments, et atachement pour moi j'étois bien persuade d'avance de l'opinion que vous auroit fait ce qui vient de se passer à Turin. cornine j'étois très tranquil sur la conduite que vous auriez tenu en Sardaigne. Le mal bien que violent et de la nature la plus désagréable aiant été court sera moins funeste de ce qu'il auroit pu étre, n'aiant pas eu le tems du ruiner les finances qui étoient dans l'état le plus florissant. Presque toute la réorganisation du pais après un travail de 7 ans qui a donne une terrìble secousse à ma sante étoit finie, et j'auroìs pu resister encore à la finir complettement; mais je ne suis plus en état de la recomencer une seconde fois, ce qui m'a obligé de confinner l'abdication que les circonstances du moment m'avoient fait anti­ciperà J'ai cependant assuré mon frère, qui n'a accepté qu'avec la plus grande répugnance, que je l'aurois aidc en tout ce qu'il auroit pu désirer pour la partie militaire de torre et de mer, et pour les finances; mais pas pour la partie dea administrations internes et juri-diques, qui sont au deasus de mes forces. Je continuerai à inspecter les troupes et si quel-que guerre, que Dieu ne veuille, arrivoit, je commanderai encore l'armée en campagne, car ce à quoi je ne suis resister est la vie sédentaire, et pas l'aotive. Vous renouvelant les assurances de l'intéret que je prendrai toujours a tout ce qui vous regarde, je suis
Votre bon ami
V. Emanuel