Rassegna storica del Risorgimento
CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA LETTERE; CARTEGGI (CARLO ALBERTO-M
anno
<
1976
>
pagina
<
371
>
Lettere di Carlo Alberto
371
La correspondance reprend en 1823, loie de la participation de Charles-Albert à Pexpéditioii d'Espagne, qui vaut au oiarquis d'Yenne une longtie lettre, écrite devant Cadix.7)
De Ste Marie devant Cadix ce 7 juillet 1823
Ce n'est que hier au soir mon très cher marquis qu'on m'a remìs votre si bornie et exceliente lettre du 9 juìn; je ne saurais assez vous exprimer tout le plaisir qu'elle m'a procure, et avee quelle satisfaction je l'ai relu plusieurs fois; l'expression de vos sentimens, aux quels j'ajoute le plus grand prix, ne pouvait m'arriver plus a tems; aussi je viens vous faire tous mes remercimens de m'en avoir répété l'assurance en certe circonstance, vous portant, comme vous savcz, l'attachement le plus vif et restime la plus sincère. Je suis tout heureux des nouvelles que vous voules bien me donner; en mème tems que fort sensible à votre aimable attention. Comme vous voyez par la date de ma lettre, je suis à Fextrèmité de l'Europe, après avoir traverse toute l'Europe; nous ne nous attendions vrai-ment pas à venir faire le blocus de Cadix; n'ayant du renoncer à Fespéranee d'enlever le Roi à Séville, qu'au moment de partir de Cordone; mais maintenant je suis doublement content, ne considérant quant à moi les fatigues pour rien et ayant la ferme espérance d*entendte siffler les bals dans quelques jours. Nous ne tarderons pas, j'espère à escorter le Roi jusqu'à Madrid; car la place doit étre à nous au plus tard dans sbc semaines; elle est très mal approvisionnée et elle est cernée par terre et par mer, de telle sorte qu'il est presque de toute impossibilité qu'on y introduise la moindre des choses. La garnison est peu nombreuse, et composée en partie des miliciens de Madrid et de Séville, à qui on fait faire le service des avant-post.es, pour empècher les vrais soldats de déserter; il nous en arrive pourtant asses souvent. Les trois quarts des propres habitans de la ville sont très bien pensant; et les libéraux sont absolument divisés entre eux; ils se voyent anéantis; aussi tous leurs chefs comme Riégo font des tentatives pour se faire donner des missions dans l'intérieur; mais maintenant que la flotte a été renforcée, ils ne pourraient mème plus sortir du port; ces vaisseaux qui nous sont arrivés ont produit un bien immense, car les factieux avaient forme le projet de transporter le Roi à la Havane, au lieu que maintenant ils devront nous le remettre dans cette mème ile de Leon, où ils levèrent l'étendard de la révolte; c'est une justice de Dieu, qui parait avoir tout dispose pour détruire dans son propre sein cette infame constitution. Dans tout le reste de l'Espagne, nous avons été recti à bras ouverts, et presque partout avec enthousiasme. Le clergé a fait des prodiges, et presque partout où des guérillas libérales ont voulu se montrer, elles furent massacrées par les paysans. Le Due d'Angoulème, qui desire toujours d'épargner le sang, a préféré faire bloquer quelques places, più tòt que de les prendre par la force; mais elles se rendront immanquablement, lors de la délivrance du Roi; il n'y a plus en Espagne que quelques chefs de partis, comme Mina, qui portent encore les devises libérales; mais on les poursuit comme des chiens enragés, et si ils ne sont pas encore pris, sous peu ils le seront tous; vous ne pouvez vous figurer les marches énormes que nous avons fait depuis Madrid jusqu'ici; nous restions jusqu'à douze heures à cheval; mais presque toujours infruetueuse-ment, car ils fuyaient avec une rapidité incroyable; sept lieux d'Espagne en font douze de France, ainsi vous voyez que nous n'avons pas perdu notre tems. Monseigneur le Duo d'Angoulème m'a envoyé la croi de la légion d'honneur, pour le jour où je me rendis comme volontaire en soutien de l'avant garde, lors de l'affaire de Visillo; 8) mais je me flatte de pouvoir faire mieuz ci; dans une reconnaissance en face du Trocadero, ils nous ont tire bien des coups de canon, mais ils se sont montrés mauvais pointeurs. Je ne saurais
7) Certe lettre est à rapprocher de celle du 1 aoùt 1823 à Frédéric Truchsess, F. SALATA e N. RODOLICO, Lettere di Carlo Alberto a Federico Trucìtsess, Firenze, Le Monnier, 1937, pp. 84-89.
8) Sur cet épisode, N. RODOLICO, Carlo Alberto, Prìncipe di Carìgnano oit., p. 365.