Rassegna storica del Risorgimento
CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA LETTERE; CARTEGGI (CARLO ALBERTO-M
anno
<
1976
>
pagina
<
374
>
374
Paul Guichonnet
Je pronte de cette bonne occasion pour vous esprimer, mon très cher General, lea voeux bien ardens que je forme pour votre bonheur en ce renouvellement de l'année, espcrant que vous serez bien convaincu que personne ne vous amie plus que moi, et que je suis et serai toute ma vie votre très reconnaissant et très affectionné ami
Albert de Savoie
Turin ce 11 janvier 1826
Je comptais vous écrire ce matin. mon très cher General, lorsque Barbania 13> m'a apporté la lettre que vous eùtes l'extréme bonté de lui écrire, et dont j'ai été touché au dernier point, étant toujours infiniment sensible à toutes les marques de votre précieuse amitié, et qui est une des choses auxquelles je tiens le plus au monde. Je suis parfaite-ment rétabli de ma petite indisposition et vais me préparer à donner un bai mercredi prochain, auquel Leurs Majestés nous feront la gràce d'assister. Le feu a bien fait son possible pour qu'il n'y eut que les ministres étrangers qui égayassent notte bonne ville. Mais gràce à Dieu je in'en suis fort bien tire de ma personne, quoique j'y aye perdu toute ma garderobbe, ce qui n'a point laissé que de procurer un certain plaisir à mon tailleur et à quelques autres marchands. J'ai l'espérance que ma femme est dans le quatrième moia d'une nouvelie grossesse, et suis bien persuade que vous partagerez ma consolation, vous qui avez un si bon coeur. Je vous prie de faire mes complimens à vos nièces, je vous embrasse de bien grand coeur et suis pour toujours votre très reconnaissant et on ne peut plus affectionné ami.
Albert de Savoie
P.S. ma soeur vient d'accoucher d'un fils
Ce 10 fév. 1826
Que vous étes bon et aimable, mon très cher General, de vouloir bien m'envoyer ce superbe mouton que vous avez recti; je le conserverai toujours fort précieusement, non seulement pour lui-méme, quoiqu'il me fasse le plus grand des plaisirs; mais surtout cornine un souvenir d'une des personnes que j'estime et aime le plus au monde. Victor se fait une très grande féte de son arrivée, et lorsque nous ne serons point à Racconnis, je le tiendrai ici avec nous. Ma femme qui me charge de vous dire mille belles cboses avance fort heureusement dans sa grossesse et sent bouger depuis quelque tems le nouveau petit soldat. On nous assure que le Boi partirà plutot pour Génes; j'espère bien cette fois pou-voir trouver quelqu'occasion de me rendre dans cette ville, désirant infiniment vous revoir et vous exprimer de vive voix, combien je vous suis reconnaissant et combien vif est l'attachement que je vous porterai toute ma vie. Je vous réitère mes remerciemens, vous embrasse et suis votre très affectionné ami.
Albert de Savoie
Le 3 mars 1826
Mon très cher General
Il me serait difficile de vous exprimer tout le plaisir que j'ai éprouvé en voyant le magnifìque mouton que vous avez eu l'extréme bonté de me donner; je n'avais aucune idée d'un animai ausai grand, aussi beau, et ausai rare. Je le conserverai bien précieuse-
13) Luigi Bianco di Barbania, intendant de Charles-Albert.