Rassegna storica del Risorgimento
CARLO ALBERTO RE DI SARDEGNA LETTERE; CARTEGGI (CARLO ALBERTO-M
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Paul Guichonnet
J'ai extrèmemnt souffert de la traversée qui fut fori longue, et suis assez bien remis maintenant de quelques fièvres, qui m'ont extrèmement tourmenté, sana pourtant m'arréter un. seul jour. J'ai pu voir la célèbre grotte d'Alghero, dont j'ai été ravi; je suis du reste fort content de mon voyage, que j'ai irouvé infiniment intéressant sous bien des rapports, et qui m'a rapporté bien des fois à quatre siècles en arrière. J'ai été aussi a méme de faire nien des observations sur le nouveau système des milices, sur et sur (sic) bien des choses curieuses, qui vous intéresseront peut-étre, lorsque je pourrai ette assez heureux pour vous en parler de vive voix; ce qui, j'espère, sera bientót; car j'entre aujourd*hui méme dans les monlagnes; je serai le 24 à Cagliari, et je compte de m'embarquer, pour revenir, tout-àfait dans les premiers jours de juin: aussi viens-je vous prier, mon très cher marquis, d'avoir l'extréme bonté de faire retenir à Génes toutes les lettres qui pourront m'ètre adressé, après le départ de la Spéronara du 15 de ce moia de mai.
Je viens de nouveau vous réitérer mes plus sincères remerciemens; je vous embrasse et suis votre on ne peut plus reconnaissant et afTectionné ami.
Albert de Savoie
Turin, ce 28 X1"* 1829
Je m'empresse de vous exprimer tonte ma reconnaissance, mon très cher marquis, dola si bonne et si aimable lettre que vous avez bien voulu m'écrite, à l'occasion du renouvel-lement de l'année, étant toujours toujours infiniment sensible à toutes les preuves que vous me donnez de votre précieuse amitié, à laquelle j'attaché le plus grand des prix. De mon coté, je forme des voeux bien ardens pour votre plus parfait et Constant bonheur, pour le compiei rétablissement de votre sante, pour votre longue conservation. Je suis bien doulou-reusement affecté d'apprendre que vous soyez toujours aussi souffrant; je ne puis assez vous dire toute la peìne que j'en ressens; et je ne puis à moins que de considérer cornine un grand malheur pour le service du Roi, si vous fussiez obligé de vous retirer. J'aime pourtant à me fletter que quelques mois de repos pourraient vous rétablir et c'est alors que je formerais pour moi des souhaits bien ardens, qui seraient que vous vinssiez les passer avec moi à Racconnis. J'en serais si excessivement heureux. Je parta demain pour Nice, où le Roi m'a fait dire de me trouver pour le jour de l'an. Je n'aurai pas un voyage bien agréable car toutes nos campagnes sont couvertes de plusieurs pieds de neige et nous avons déjà en jusqu'à quinze degrés de froid. Je serai obligé de monter en traineau à Nice, Petitti21> ayant écrit que les voitures ne peuvent pas aller plus loin. Je vous embrasse, mon très cher marquis et suis à jamais votre bien reconnaissant et on ne peut plus afTectionné ami.
Albert de Savoie.
Je m'empresse de vous remercier, mon très cher General, de l'extréme amabilité que vous voulùtes bien avoir, de m'écrìre l'epoque à laquelle on pouvait espérer de voir arriver leurs Majestés, ce qui m'a fait un très grand plaisir, pouvant alors fìxer plusieurs petits arrangemens de famille; j'ai regretté extrèmement d'étre parti ausai vite de Genes, ce qui me privai t du bonheur de vous voir, qui est toujours fort grand pour moi; je vous dois mille obligations d'avoir eu la bonté de me montrer vous méme les embcllissemens que vous avez fait faire dans cette belle ville; je vous en suis bien reconnaissant. Nous n'avons ici abaolument aucune nouvelle; le tema est superbe, de sorte que tout le monde est en-core à la campagne. Turbi parait un dcscrt. La chasse a absolument manqué cette année ci, à ma grande dcsolatìon. Mais pour me regayer, on me conduira dans peu de jours de
21) Le comte Carlo Ilarionc Petitti di Roreto, Conseiller d"Etat.