Rassegna storica del Risorgimento
MALON BENO?T; MALON BENO?T SCRITTI; SOCIALISMO ITALIA 1872-1892
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1978
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Letterio Briguelio
II
Lettera di MàLon a Costa
Paris, le 9 octobre 1882 Mon cher Costa*)
Vous me demandez sur Fétat actuel du parti socialiste en France et na-turellement sur les scissions produites, une correspondance an point de vue des princìpes, non des personnalités. Je vais essayer de vous satisfaire.
Lorsque en 1880 l'amnistie vint mettre un terme à la répression versaillaise, le socialisme se trouva divise en deux grandes fractions; Fune qu'on pourrait appeler riformiste, Fautre révolutionnaire: la première avait pour titre officiel Alliance socialiste républicaine et Fautre Parti ouvrier. Des deux cotés on fit un programmo qui différait surtout par les considerante et dès le premier jour les deux fractions qui devaient se combattre vivement dans les campagnes elee-torales de 1881, furent en hostilité.
En devenant parti distinct, le parti ouvrier devait se donner et se donna un programme éìectoral. Ce fut l'origine de sa première crise. Les anarchistes, les premiers, le quittèrent comme n'étant pas assez révolutionnaire, et les syndicats modérés (...) qui n'avait jamais accepté les résolutions de Marseille le quittèrent comme trop exclusivement politique et trop révolutionnaire. Etant ainsi en-tamé, le parti ouvrier entra dans la lutte électorale en 1881 et il put mettre 100.000 votants en ligne. Mais il devint évident que le programme dit minimum ne pouvait servir de formulaire unique pour les revendications des prolétaires frangais. Cela surtout parce qu'en France les conditions économiques sont diverses et que le grand industrialisme s'est dévéloppé d'une manière fort inégale dans les diverses régions. Excellent donc pour les pays de grande industrie, le programme minimum ne répondait pas du tout aux exigences des popolations où les intéréts maritimes, agricoles, commerciaux ou de petite industrie prédomi-naient. Les réclamations furent donc innombrables contre le programme minimum après les élections.
lei se place un autre fait qui a eu son importance dans la scission qui vient d'étre dénoncée publiquement au Congrès de Saint-Etienne. En déclarant que désormais le parti ouvrier prendrait part aux luttes électorales, les personnages les plus en vue du parti et notamment Brousse, Guesde et Malon déclarèrent dans le premier numero de FEmancipation qu'ils n'accepteraient pas de candidature. Le manque de candidate fit que des démarches furent faites auprès de ces trois citoyens pour revenir sur leur paroles. Brousse et Malon furent inflexi-bles, Guesde accepta d'aller soutenir sa candidature a Roubaix. Ce fut le premier germe de division.
Au Congrès de Beims, l'immense majorité se prononga contre le programme minimum et pour son remplacement par des considérants uniques, chaque circon-scription électorale restant libre de rediger sa plateforme ou programme de réalisation pratique. Les décisions furent plus tard vivement attaquées dans YEgalitét journal de Guesde et les attaques n'épargnèrent pas les bommes qui avaient préconisé les décisions du Congrès de Renna. L'Union federative du
X) Biblioteca comunale di Imola: Archivio Andrea Costa, anno 1882, n. 201.