Rassegna storica del Risorgimento
ERRERA GIACOMO
anno
<
1986
>
pagina
<
271
>
Jacques Errerà, banquier
271
négocié par les frères Rothschild 21> mais il vaut la peine de relever qu'Errera était bien informe puisque un autre homme d'affaires belge d'origine ita-lienne, Georges Montefiore, ignorait toujours au début de 1863 qu'un emprunt d'une telle ampleur était en négociation. Bien que l'affaire lui ait échappé. Errerà participa à l'emprunt. En mars 1863, il annoncait à Turin qu'il avait souscrit 16 millions, ce qui représentait, d'après lui, plus du tiers du total fourni par le marche de Bruxelles.23)
L'activité déployée dans le secteur des armes et dans celui des emprunts obligeait Errerà à de fréquents déplacements en Italie où il envoie aussi son beau-frère. 24> En fait Errerà multiplie les démarches directes au moment où la concurrence fait rage dans et hors de la Péninsule pour y arracher des marchés industriels et financiers. Dans le secteur industrie Errerà a été mèle à plusieurs négociations visant la fourniture de matériel ferroviaire et de rails, de méme que de matériel d'éclairage.
En ce qui concerne les chemins de fer, Errerà sert d'intermédiaire, à la fin de 1861, à la Compagnie Generale de Matériel de Chemins de Fer dans laquelle un autre banquier juif de la place de Bruxelles, E. H. Brug-mann, occupe une place prépondérante, M. L'année suivante, c'est au tour de la S. A. Cockerill de faire appel aux bons offices du banquier dans une affaire de livraison de locomotives destinées aux Chemins de Fer Napolitains pour la liaison avec l'Adriatique.26>
Mais la concurrence est telle que le Vénitien se heurte à de sérieuses difficultés. C'est ce que montre l'échec de la Società Italo-Belga per Costruzioni e Lavori Pubblici constituée à Turin le 21 décembre 1861 par Joseph Oppenheim, Adolphe Reinach, les frères Weill Schott de Milan au capital de dix millions de Lires. Les difficultés qui surgissent au printemps 1862, difficultés qui font reculer la société Cockerill elle-méme, paralyse visible-ment le beau-père d'Errerà et ses amis qui ne libèrent pas le quart du capital comme impose par la loi italienne. D'où la dissolution de la société en mai 1863.
Dans le secteur de l'éclairage au gaz, en revanche, Errerà a les coudées plus franches. Le 2 aoùt 1862 est fondée à Bruxelles la Compagnie Generale pour l*Eclairage et le Chauffage par le Gaz au capital de vingt millions de
2 Voir R. P. COPPINI, Finanza internazionale e Stato italiano. Il prestito del 1863, dans Ricerche Storiche, t. X, 1980, n 2, pp. 381-414.
22) Voir M. DUMOULIN, Les relations financières italo-belges après 1861, dans Bulletin de Vlnstitut Historique Belge de Rome, t. LII, 1982, p. 139, note 42.
23) ABI, Periodo 1861-1887, busta 866, Errerà à Ricasoli, 23.03.1863. Le marche de Bruxelles aurait rapportò 45 millions.
24) Papiers Errerà, Cahiers de Marie Oppenheim, 7 carnet, jeudi 20.02 et vendredi 20.05.1862.
25) ibidem; 17.11.1861.
26) Archives de l'Etat à Licgc, Fonds Cockerill, n 75, procès-verbal du conseil d'administration de la S.A. Cockerill, 25.04.1862.
27 Archivio Centrale dello Stato (ACS), Ministero Industria, Commercio, Lavoro, Credito e Previdenza, busta 75," fascicolo 546.