Rassegna storica del Risorgimento
ERRERA GIACOMO
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1986
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273
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Jacques Errerà, banquier 273
indubitablement à réaliser de grosses opérations corame celle du placement en Europe des emprunts fédéraux américains. M> La fin de l'association entre Errerà et son beau-père est proche. Elle devient effettive au ler janvier 1866.35> Et pour mieux marquer encore la rupture, le banquier se met en quète d'une nouvelle residence. Ce sera le prestigieux hotel particulier de la rue Royale à Bruxelles acquis le 15 juin 1868, en attendant l'acquisition progressive de la propriété et du chàteau du Vivier d'Oye.36)
A partir du lcr janvier 1866, le banquier vole donc de ses propres ailes. L'activité déployée est importante, d'autant plus qu'il est habile à réaliser des profits énormes, corame le montre bien l'exemple des prèts consentis à André Langrand Dumonceau à des taux annuels variant de 10 à 30 et parfois mème 60, qui lui fournissent d'appréciables moyens d'action.
A la veille de la guerre de 1870, Errerà est devenu un homme en vue sur la place de Bruxelles qui reste cependant un marche modeste. Mais le conflit franco-allemand est une aubaine pour la place qui devient une plaque tournante financière.X) Le Vénitien saisit la chance offerte et tire profìt des contacts internationaux qu'il n'a cesse et ne cesserà de développer, tout en continuant à piacer ses pions par commandites interposées panni lesquelles les firmes Angelo Cantoni Cie à Milan, 39> Leubsdorff, Philipp-son Cie à Bruxelles et Paris,40) Bachwitz Cie à Anvers,41> sans oublier que son beau-frère Paul est désormais installé dans la capitale francaise.
Sur le pian italien qui retient plus particulièrement notre attention,
34) Sur les ouvertures d'Errerà aux Américains, voir F. BALACE, La guerre de Séces-sion et la Belgique. Documents d'archives américaines, 1861-1865, Louvain-Paris, 1969, pp. 242-246.
35) B, s. CHLEPNER, L'étranger dans l'histoire économique de la Belgique, Bruxelles, 1931, p. 33 (extrait de la Revue de Vlnstitut de Sociologie [de llmiversité Libre de Bruxelles], 1931) écrit que la Banque Oppenheim devient Banque Oppenheìm-Errera en 1864. Celle-ci devient Errera-Oppenheim au ler janvier 1866. Voir AEI, Periodo 1861-1887, busta 866, Note d'Errerà, Bruxelles, 1.01.1866.
36) Papiers Errerà, acte de partage établi par Me E. Van Halteren à Bruxelles, 29.05.1919.
37) G. JACQUEMYNS, Langrand-Dumonceau, promoteur d'une puissance financière cathor iique. T. IV: années difficiles, Bruxelles, 1964, pp. 228-230.
38) Voir les remarqucs de K. KURGAN - VAN HENTENRYK, La formation d'un capita-Usme national en Belgique, dans Tijdschrift voor Geschiedenis, XCV, 1982, n 4, pp. 488-506, qui insiste sur ]'internationalisation de la place de Bruxelles par le biaìs de la naturalisa-tion d'étrangent.
39) Papiers Errerà, contrai d'association par lequel Errerà apporte 100.000 Lires sur un total de 300.000. Le 13,01.1875, le capital fut doublé, de mème que la participation du banquier bruxellois.
*0 Contrat des 20 juillet 1871 et 19 avril 1875 par lesquels J. Errerà commandite Salomon Leubsdorff et Franz Philippson. La première commandite est de 450.000 francs sur un total de 500.000. La deuxlèmc est de 1,8 million sur 2 millions de francs. La dissolution de la commandite de 1875 intervint le 14.12.1877 {Moniieur Belge, 47e année, n 358, 24.12.1877, pp. 803-804).
44) Errerà a fait commandi ter par la Banque de Bruxelles.