Rassegna storica del Risorgimento

ERRERA GIACOMO
anno <1986>   pagina <278>
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Michel Dumoulin
total. De méme, en 1875, on relève que la quasi totalité des bénéfices nets provient d'un mouvement de 2 seulement.
La nature des valeurs italiennes traitées par Errerà mérite elle aussi quelques notes de commentaire.
La rente italienne 5 constiti, durant la période considérée, la princi­pale valeur avec laquelle travaille Errerà puisqu'elle représente 86,5 de l'ensemble du mouvement italici) 54> mais elle n'assure que 22,4 des resul­tate nets.55) Ce sont dons les 13,5 de valeurs autres que la rente qui permettent l'essentiel des profits, ce qui confirme l'extrème sensibilité des valeurs italiennes. Le solde de celles-ci détenues par Errerà est compose pour 5,3 d'obligations ferroviaires *> et pour 4,95 d'emprunts munici-paux.57) Enfin, trente-trois valeurs bancaires, industrielles et immobilières représentent les 3,25 restants. Les valeurs bancaires surtout, auxquelles Errerà s'intéresse énormément durant le boom de 1871-1873 en Italie, se révèleront extrémement fragiles et lui coùteront fort cher.58)
La carrière de Jacques Errerà allait s'interrompre brutalement en 1877-1878. Pour une cause demeurée assez mystéreiuse, il perdit peu à peu la raison à un moment où la crise generale et les opérations hasardeuses auxquelles il s'était livré mettaient en perii sa propre maison et sa princi­pale création, c'est-à-dire la Banque de Bruxelles. Sa fin brutale survenue à Uccie le 11 décembre 1880, à un moment particulièrement délicat de la vie économique de son temps ne doit pas dissimuler le fait qu'il avait atteint en Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles, une surface sociale impor­tante. Lié au Comte et à la Comtesse de Flandres, *"> organisant de fastueuses réceptions, Jacques Errerà était aussi, comme beaucoup de banquiers, un
54) 67.673.000 sur 78.228.000 lires.
55) 326.078 sur 1.454.121.
56) Méridionaux, Livournais, Central-Toscan, Romains, Victor-Emmanuel, Lombards-Vénitiens, Sardes, Ascoli-Piceno.
57) Emprunts Milan 1861 et 1866, Naples 1868, 1871 et 1875, Florence 1871 et 1875, Venise 1869. Reggio.
58) La nature des valeurs industrielles, immobilières et bancaires détenues par Errerà démontrent qu'il a été intimement lié à toutes les créations éphémères du boom de 1871-1873. Celui-ci vii passer le nombre de sociétés autorisées à pratiquer le crédit ordinaire de 19 à 143 et leur capital nominai de 165 à 792 millions de lires. Errerà détient des paquets de titres de la Banca Italo-Germanica, de la Banca Generale, de l'Austro-Italiana, du Banco Sete Lombardo, de la Banca Veneta di Depositi e Conti Correnti, etc. Les revers financiers de Jacques Errerà sont aussi à attrìbuer à la déconfìture de ces valeurs à partir de 1874. Sur le boom itatien et ses suites, voir G. LUZZATTO, L'economia italiana dal 1861 al 1894, Twin, 1974, pp. 75-80.
59) Voir A. E. (Alberto Errerà), // Commendatore Giacomo Errerà, Venise, Tip. Naratovitch, 1880.
tty papier* Errerà, 1877; visites du jour de l'an. Parmi les visites effectuées: Léopold TI, le Comte de Flandres, les ministrcs des travaux publics et des finances, le Prince de Ligne, les gouverneurs de la Banque Nationale et de la Société Generale de Belgique, le secrétaire general des Aflaires étrangòres, etc.