Rassegna storica del Risorgimento

FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
anno <1987>   pagina <306>
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Philippe Gut
scènes de genre, ne lui consacre mème pas une gravure; seul Le Churivari ironise en soulìgnant que Francois II est désolé de ne pas assister à une scène où il verrait pour la première fois son peuple enthousiaste .
Mais bientòt l'on s'interroge; Garibaldi va-t-il marcher sur Rome pour
achever la tàche qu'il s'est assignée et proclamer l'unite de la péninsule
du haut du Quirinal, laissant à Victor-Emmanuel le soin de conquérir la
Vénétie? Certains journaux mettent l'accent sur les divergences qui opposent
le gouvernement sarde à celui de Naples; d'autres italophiles tentent
de les niinimiser; ainsi L'Opinion Nat tonale qui souligne que le roi de
Piémont et Garibaldi sont également favorables à l'unite et que seules les
séparent des différences de caractères et d'appréciations qui tiennent à
la diversité de leurs antécédents . **) D'autre part Cavour saura-t-il s'opposer
à la marche sur Rome? La presse de droite ne le pense guère: ... avant
que M. de Cavour en vienne à tirer le canon contre Garibaldi il y aura une
terrible distance à franchir et vfaisemblablement il sera tombe en chemin.
Garibaldi le sait et le sent, et là est sa force. M. de Cavour n'est pour lui
qu'un complice dont il cherche aujourd'hui à se débarrasser , note Henry
de Riancey.49) Mais à partir du moment où Rome semble menacée, non
seulement la presse conservatrice et catholique exprime son indignation,
mais la presse imperialiste qui n'avait guère cache ses sympathies pour
l'oeuvre de Garibaldi témoigne désormais de son inquiétude, rejointe en cela
méme par la presse progressiste. L'ensemble de la presse parisienne con-
damne donc, à des titres divers, toute marche sur Rome; Emile de La
Bédollière, un des plus chauds partisans de Garibaldi, écrit à ce propos
dans Le Siede: Le Piémont pas plus que Garibaldi, pas plus que toute
l'Italie ne doit oublier que la France est à Rome, qu'elle a déclaré garantir
la sécurité du Saint-Pére; que certe entreprise contre sa volonté serait un
acte d'ingratitude qui blesserait la France entière.50) On le sait: Garibaldi
renonca momentanément à Rome et, du jour au lendemain, il redevint,
pour les journaux qui avaient approuvé, voire encouragé, ses conquètes
sicilienne et napolitaine, sa lutte pour abattre le gouvernement réaction-
naire de Francois II, un héros.
Une doublé image se dessine donc clairement avec l'Expédition des Mille, suivant qu'on lit la presse légitimiste et catholique ou la presse libérale et pro-italienne. La première tend à minimiser les mérites du condottiero italien: il n'a vaincu qu'un roi abandonné et mis par d'odieuses défections dans l'impossibilité de se défendre . 51> Trahison et complicité accompagnent les succès du pirate Garibaldi; complicité, celle de Cavour qui ne pouvait ignorer l'entreprise dès ses débuts; trahison, celle, par exemple, du ministre napolitani Romano, acquis au mouvement annexion-niste, cornine le souligne L'Union. La seconde exalte les succès du héros solitaire: Sans argent et presque sans armes, mais à la tète de quelques
47) Ch., 7.1X.60.
48) Op. Nat., 26.IX.60.
49) U., 27.IX.60.
50) S., 29.IX.60.
51) V.t 24.IX.60.