Rassegna storica del Risorgimento
FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
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1987
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309
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Garibaldi et la France, 1848-1882 309
or une intervention du patriote italien ne peut, elle, qu'entralner un conflit entre la France et l'Italie et retarder la solution du problème. La position de cette partie de la presse est inconfortable et l'on ironise à droite: Nous voudrions bien savoir pourquoi Garibaldi qui était appelé le plus grand citoyen de l'Italie, le héros légendaire, le rédempteur, le libérateur de la péninsule quand il se jetait comme un forban sur le Royaume de Naples, n'est plus aujourdliui qu'un factieux parce qu'il veut aller jusqu'au bout de son programme .) Auguste Nefftzer, dans Le Temps, admet qu'on est dans une impasse: Ce qui arrive devait arriver infailliblement. Il importe peu d'approuver ou de blàmer Garibaldi; il ne sert à rien de critiquer le parti d'action, de déplorer les impatiences de l'opinion publique en Italie, il fallait voir les choses telles qu'elles sont et prévoir ce qu'elle devaient amener . *>
Aussi, grand est le soulagement lorsque l'on apprend que le gouverne-ment de Turin condamne l'entreprise garibaldienne; démocrates et libéraux applaudissent la proclamation royale contre celui qui, après avoir été l'enfant gate de l'Italie , est en passe d'en devenir l'enfant terrible . W L'annonce de la défaite, pour Garibaldi, d'Aspromonte provoque des réactions dìverses dans la presse nationale francaise; d'étonnement d'abord dans les feuilles légitimistes et ultramontaines qui ont peine à l'imaginer; à les lire on percevrait mème comme des regrets à constater que ce conflit qui mettait aux prises des Italiens entre eux est achevé, tant il est vrai que pour ces journaux la guerre civile en Italie ne pouvait manquer de mettre en perii l'unite qu'ils ont toujours combattue; mais ils ne sont pas tendres pour Garibaldi; ainsi peut-on lire dans L'Union, sous la piume d'Henry de Riancey, que le héros de Varese, le triomphateur de Palerme et de Naples est alle se taire prendre dans la gorge d'une montagne, comme un bandit d'opéra-comique, par une poignée de bersagliers . Pour Le Correspondant comme pour L'Union il faut voir là une intervention divine contre le barbare qui osait s'attaquer à la Ville sainte. M Plus tard ces mémes feuilles se demande-ront si la défaite de Garibaldi a bien mis fin à toute menace contre Rome. La presse omcieuse se réjouit de cette issue; pour elle ce n'est pas Garibaldi qui a été vaincu, c'est la revolution ; * interprétation identique dans Le Constitutionnél: c'est là un heureux événement puisque c'est la victoire de l'ordre sur l'anarchie, et au point de vue de lTiurnanité, puisqu'on a le droit d'espérer que la guerre civile qui menaca d'ensanglanter l'Italie est arrétée à son début.71> Adolphe Guéroult, dans L'Opinion Nationale, écrit dans le méme sens: Quelle que soit la sympathie personnelle qu'ins-pire, méme en ses erreurs généreuses, l'illustre patriote, il est certain que
65) /., 2.VI 11.62.
) Tps.t 7.VIII.62.
67) pr,t 7.VIII.62.
68) V., lcr.IX.62. <* Corr., 24.IX.62.
TO) La Patrie (Pat.), 31.Vili .62. 71) Const., 51.VIII.62.