Rassegna storica del Risorgimento

FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
anno <1987>   pagina <312>
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Philippe Gut
lot.93) Son départ a mis fin au dévergondage des idées et des appetite remarque La Presse qui souligne perfidement que cette retraite avisée et prudente est peut-ètre la plus savante manoeuvre de toute sa carrière rnilitaire . w>
Voici donc Garibaldi de retour en Italie, à Florence précisément, où, lit-on dans La Presse, il va chercher l'argent qui vient de lui étre expédié d'Angleterre [...]. Son intention est de repartir immédiatement pour la frontière pontificale, de rassembler aussitót ses bandes et de tenter une attaque contare Rome . D'où cette prédiction d'Henry de Riancey: En fait de folie, il faut s'attendre à tout et nous ne serions nullement étonnés d'apprendre un de ces matins [...] que l'Achille de Varese, sifflé et mis en fuite par les patriotes de la Rome protestante essaye une nouvelle échauf-fourée dans le goùt de celle dont il porte encore la trace au talon , nouvelle allusion cruelle à la blessure recue par Garibaldi à Aspromonte.96)
La menace que fait peser Garibaldi sur Rome semble suffisamment sérieuse pour que l'évéque d'Orléans, Mgr Dupanloup, intervienne person-nellement auprès de Rattazzi, le président du Conseil italien, par une lettre que publie Le Correspondant. C'est une véritable mise en garde qu'il adresse au gouvernement de Florence en lui rappelant la Convention de Septembre 1864 qu'il se doit de faire respecter. Quel moyen sérieux prenez-vous pour empécher Garibaldi d'aller à Rome? demande-t-il. Etes-vous bien décide à ne pas y aller après lui? Que faites-vous pour vous opposer à ces harangues par lesquelles il ameute la populace? . Et de souligner: Cet homme n'a pas deux idées, il a une fureur. Chassé de Rome par les Francais (allusion à 1849), il veut y rentrer, renverser violemment et immédiatement le pape, et le pape renversé il donne la main à Mazzini. Et voilà brandi le spectre de la Revolution et, au-delà, de la République. Il n'y a pour le cabinet italien, selon Mgr Dupanloup, qu'une alternative qu'il doit trancher: Il faut donc choisir, Monsieur, entre la tiare et la chemise rouge; entre l'Evangile et la religion de Garibaldi; entre d'affreux démagogues et les citoyens honnètes; entre les progrès réguliers et glorieux de l'Europe et les bouleversements révés par ceux qui vous poussent à Rome. Que ferez-vous?.9?*
La presse catholique ou conservatrice ne fait guère confiance à Rattazzi. En revanche, les organes libéraux, dès lors que le cabinet de Florence se dit résolu à garantir l'application de la Convention de Septembre, se décla-rent assurés que Garibaldi saura suivre les conseils de modération qui lui sont prodigués. L'Opinion Nationale est représentative de ce courant qui souligne qu'en marchant sur Rome Garibaldi commettrait une faute grave en compromettant la politique du gouvernement italien qui vise à rassurer les Etats européens quant à ses intentions concernant la capitale de l'Etat pontificai; second argument qui tient à la nature méme de la Papauté et qui n'est pas nouveau: son caractère mixte; Pie IX, comme roi, peut
93) Un., 14.IX.67. w) pr.t 14.IX.67.
95) Jbid., 14.IX.67.
96) U., 21.DC.67.
97) cit in Corr.t 23.rX.67.