Rassegna storica del Risorgimento
FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
anno
<
1987
>
pagina
<
313
>
Garibaldi et la France, 1848-1882 313
ètre renversé par une revolution, par une invasion, par une guerre. Comme pape, il est en dehors et au-dessus de toutes agressions violentes . * Bref, le moment est mal choisi pour intervenir à Rome et il est urgent ... d'attendre!
Dès avant l'arrestation de Garibaldi, en septembre 1867, certains organes de presse, tei Le Pays, se disent assurés de la fermeté dont saura témoigner le gouvernement italien; pour C. Ducher, le héros des Deux Mondes est, d'ores et déjà, déconsidéré: C'en sera fini de cet homme qui serait reste légendaire s'il avait su comprendre les véritables besoins et les devoirs de l'Italie, mais qui n'est aujourd'hui qu'un fou dangereux mettant en perii les intérèts les plus élevés et dont la séquestration devient alors d'intérét social . "> A l'annonce de cette arrestation qu'il appelait de ses voeux, Le Pays exulte car, lorsqu' un fou compromet la sécurité privée et publique, on l'enferme . 10) A. coté des journaux qui expriment leur satisfaction, il en est d'autres, légitimistes ou catholiques, qui disent leur défiance, tels L'Union ou L'Univers, qui accusent Rattazzi de duplicité, Rattazzi qui n'a assigné Garibaldi à residence surveillée que sur les instances de Paris, Rattazzi dont on rappelle qu'il était au pouvoir lors de la tentative garibaldienne de 1862, et fon ne manque pas de souligner encore qu'après Aspromonte, pour apaiser dans la Péninsule, Victor-Emmanuel avait promis aux Ttaliens que Rome, un jour, serait leur capitale. La presse libérale est beaucoup plus nuancée. Si, pour La Presse, le gouvernement italien a fait son devoir. [S']il a compris que sa considération et son existence mème étaient en jeu,101> Le Temps ou Le Journal des Débats estiment que cette arrestation ne résout rien car, note U. Ladet, Garibaldi a pu se tromper sur l'occasion et sur llieure, mais on sait que le sentiment qui l'a fait agir est un sentiment national ;102) si le gouvernement italien ne pouvait agir autrement qu'il l'a fait, souligne de son coté John Lemoinne, il ne saurait ètre question de condamner Garibaldi: Tout le monde se sert de ce grand et glorieux innocent: on lui fait des fausses entrées, mais il sait toujours sortir avec restime, le respect et le sourire de ses contemporains . 103> Le Siede entre à son tour dans la polémique pour prendre clairement la défense du patriote italien: On fait un crime à Garibaldi d'avoir voulu aller à Rome, d'avoir cru que Rome est italienne, et l'on semble oublier que ce crime est cerni de l'Italie entière, celud de ses hommes d'Etat; certes la Convention de Septembre lie l'Italie à la France, mais Garibaldi, que nous sachions, ne s'était pas engagé à la respecter; et Louis Jourdan de comparer, implici-tement, Garibaldi à Henri IV pour qui Paris valait bien une messe...104)
Garibaldi à Caprera n'est plus un drapeau pour les Italiens, mais à peine un oriflamme , remarque ironiquement C. Ducher qui croit que
W) Op. Nat., 19.IX.67. 99) Ps., 23.IX.67. Wò) lbtd 26.1X.67.
101) Pt., 26.IX.67.
102) />., 27.1X.67.
103) Ibid., 27.IX.67.
104) S., 30.IX.67.