Rassegna storica del Risorgimento
FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
anno
<
1987
>
pagina
<
324
>
324
Philippe Gut
jamais vu sous l'Empire): Ce fut un homme du siècle, comme on l'a dit, et les hommes de la minute ne pouvaient pas toujours l'apprécier m) Enfili La Presse s'interroge sur les conséquences que la disparition de Garibaldi peut avoir sur le destin de l'Italie: la monarchie et le peuple vont se trouver face à face; or celui-ci n'avait de liens avec celle-là que parce que Garibaldi lui était fidèle; qu'en sera-t-il désormais? 172>
En hommage au patriote italien, et en souvenir des services qu'il a rendus à la France, la Chambre des Députés décide, à l'annonce de sa disparition, de suspendre ses travaux. Indignation des organes conservateurs, L'Union, L'Univers ou Le Pays: Le spectacle donne [...] par la Chambre francaise a été une honte [...]. Les républicains chassent de l'armée nos plus illustres généraux ou les trainent dans la boue, mais ils n'ont pas assez de témoignages de sympathie pour ce vieux misérable . 173> Meme réaction lorsqu'on apprend que Gambetta a adressé un télégramme de condoléances à Menotti Garibaldi ou que les officiers républicains siègeant au Sénat ont envoyé une adresse de deuil à la famille du disparu. Les organes libéraux jugent excessive la suspension de séance et lui auraient préféré un discours: Tant d'emphase ne convenait pas à un sentiment qui, pour étre légitime, n'allait pas, pour bien des esprits, sans quelque réserve légitime aussi.174) Au contraire, Le Siècle et L'Opinion Nationale approuvent sans réserve.
Des manifestations témoignent dans de nombreuses villes de France de la sympathie dont le héros de l'Unite était l'objet: telle la soirée franco-italienne donnée au Cirque d'Hiver, au cours de laquelle le député de Paris Lockroy, celui-là mème qui avait pris sa défense à Bordeaux en 1871, insiste sur la nécessaire alliance de la France et de l'Italie; de mème à Marseille; des organes de la presse provinciale de Lyon, de Chambéry, de Bordeaux ou de Nice adressent des télégrammes de condoléances à la famille de Garibaldi et trois journaux nicois paraissent bordés de noir pour annoncer le décès. Toute la presse se fait l'écho des préparatifs et du déroulement des funérailles. Alors que les organes conservateurs ou catholiques pré-voyaient qu'un mauvais accueil serait réserve aux délégués francais, 175> les feuilles républicaines constatent qu'il n'en aura rien été: Les deux peuples se sont confondus autour d'un cercueil dans l'étreinte d'une amitié cordiale . 176>
* * *
Nous avons, au cours de cette étude, tenté de cerner l'image de Garibaldi telle qu'elle se dégageait à la lecture de la presse nationale francaise;
ni) L'Illustration, 10.VI.82.
172) pr., 11.VI .82.
SS) Ps., 5.V1.82.
174) Tps.> 5.VI.82.
i?S) Faut-11 rappeler que les relation fi'anco-italiennes n'étalent guère bonnes à cette epoque. Sur tout ce contexte volt PIERRE MILZA, Francois et Jtalìens à la fin du XIX* siècle, Rome, Eeole Francaise de Rome, 1981.
1W> Op, Nat., 17.VI.82.