Rassegna storica del Risorgimento

FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
anno <1987>   pagina <325>
immagine non disponibile

Garibaldi et la France, 1848-1882 325
cette image, dont nous avons vu qu'elle revétait au fìl des ans une dimension mythique par le figement des clichés, les journaux ont contribué à coup sur à l'élaborer; ils ne l'ont pas créée. Ils ont contribué à la créer en tenant l'opinion publique informée des faits et gestes du héros et celle-ci, à partir des informations recues a conféré son caractère mythique au personnage; de ce caractère mythique, la presse s'est largement fait l'écho, le renvoyant à l'opinion et, par làmème, le confortant.
Garibaldi n'est pas un homme ordinaire; et d'abord dans son apparence: son bonnet calabrais, son poncho, sa chemise rouge, voilà ce qu'on retient en premier lieu: l'aspect pittoresque, voire exotique du personnage. Ceux qui lui sont hostiles ne manquent pas de dénoncer le caractère folklorique de cet accoutrement pour le ridiculiser, en faire un costume d'operette. Mais il y a là comme une sorte d'exorcisme: la chemise rouge fait peur; elle est le symbole comme le drapeau de méme couleur de la Revolution. Au-delà de l'aspect vestimentaire, Garibaldi apparaìt comme un homme d'un autre àge, on dirait aujourd'hui, un homme venu d'ailleurs . Il n'a rien du présent, il est du passe, d'un passe lointain par sa simplicité et ses moeurs à l'antique .,77) Le coté chevaleresque de son comportement le fait comparer à un chevalier medieval: C'est un caractère, un homme d'enthousiasme et de dévouement. Au Moyen-Age, il fùt parti, pour la croisade: il eùt été Godefroy de Bouillon. Au XIXC siècle, il forme un type à part, unique en son espèce: il est Garibaldi. Ce portrait est d'Adolphe Guéroult.178) L'image qu'en trace Eugène Forcade n'est pas très differente lorsqu'il écrit: Il fait la guerre des anciens temps, celles où éclataient les prouesses personnelles et qu'avivait le roman d'aventures .179) Et que répond Maxime Du Camp à ceux qui lui demandent: qui est Garibaldi? Jeanne d'Are . Homme du passe par son comportement: la presse conservatrice et réactionnaire souscrit volontiers à cette appréciation, mais avec une connotation particulière; ainsi J. Baraton dans Le Pays: son caractère, note-t-il, est de ceux qui semblent moins appartenir aux temps modernes qu'aux audaces des temps barbares et aux anarchies du Moyen-Age.180) Ce n'est plus le chevalier qui Iurte pour un idéal, c'est le barbare qui détruit, qui met bas la civilisation. On le compare également aux pirates, aux flibustiers qui écumaient les mers, mais, à la différence des flibustiers de l'ancien temps qui s'amendaient généralement lorsqu'ils avaient fortune faite, Garibaldi et ses compagnons poursuivent inéluctablement leur mission destructrice.
L'ensemble de la presse de droite comme de gauche s'accorde pour reconnaitre en Garibaldi un homme enthousiaste et meme exalté que les revers de fortune ne sauraient abattre; pour les uns on se saurait nier en outre sa franchise et son désintéressement tandàs que les autres mettent l'accent sur son effronterie et son cynisme; pour Le Monde, L'Vnivers ou L'Union, le caractère incorruptible qu'on lui reconnait généralement n'est
177) S., 21.VIII.66.
178) Op. Nat., 19.XII.70.
179) RDM, 14.VI.60. IH Ps.. 12.V.60.