Rassegna storica del Risorgimento
FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
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1987
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Philippe Gut
que de fagade et de calcul, Les organes qui lui sont favorables lui attribuent, à juste titre, des qualités positives: la hardiesse, la finesse, l'imagination et le sang froid ; ,8,J en revanche il n'apparait pas comme un intellectuel; Alphonse de Calonne souligne qu'il a peu d'éducation, peu d'instruction tandis que le chroniqueur du Correspondant remarque que, chez lui, l'instinct l'emporte sur l'intelligence.182> D'où les jugements des plus nuancés de la part mérae de ses plus chauds partisans; ainsi, durant l'Expédition des Mille, tout ce qui ressortit du doraaine militaire est porte à son crédit, mais les mesures politiques trop révolutionnaires, y compris pour les journaux les plus avancés tels que Le Siècle ou L'Opinion Nattortale sont considérée comme excessives et l'on croit discerner dans les décisions que prend Garibaldi dans ce domarne la pensée de Mazzini plus que la sienne propre. On veut bien suivre Garibaldi, à condition qu'il abandonne la poli-tique à Cavour et au gouvernement piémontais puis italien.
On lui reproche en outre de ne pas prendre une juste mesure de ses limites, une tendance à exagérer ses capacités, à croire que tout est possible. Certes il peut beaucoup lorsque le peuple et le roi sont derrière lui, mais il ne peut tout atteindre: c'est le cas lorsqu'il veut s'emparer de Rome; alors il échoue camme le plus vulgaire des révolutionnaires, remarque Charles de Mazade, et sa popularité peut à peine le sauver du naufrage . lss> Son courage et son patriotisme ne sont pas en cause, ses partisans et ses défen-seurs lui reconnaissent bien volontiers ces qualités que lui dénient ses adversaires. C'est que, homme du passe, il n'en défend pas moins des idées d'avenir: il est Thomme du progrès universel et de la solidarité entre les peuples.
C'est en cela qu'il a conquis des écrivains et des intellectuels francais Alexandre Dumas, George Sand, Hector Malot, Victor Hugo, Emile Zola, entre autres mais aussi les foules. Sans doute ne se rend-il pas en France avant la chute de l'Empire, mais la presse libérale et démocratique essentiellement ne manque pas de décrire l'accueil qui lui est réservé ailleurs, en Grande-Bretagne ou en Suisse par exemple; ce qui distingue les fètes qui honorent Garibaldi, c'est rentraìnement sincère, l'enthousiasme sans commande, l'élan irrésistible de la foule . 184> Et à cela on trouve une explication: Ce qu'on aime en lui, ce n'est pas l'idée, c'est la foi; ce n'est pas le partisan, c'est l'homme. On acclame un idéal de loyauté, de désinté-ressement, de simplicité, de bravoure ; et l'auteur de ces lignes, M. Monnier, d'ajouter, complétant le tableau: C'est lui qu'on écoute et non ce qu'il dit, on aime à l'entendre et l'on bat des mains .185) Quant à la France, lorsque sa population peut manifester sa sympathie pour le héros de l'indépendance italienne, elle le fait sans retenue car, si l'on en croit Le Charivari, on le tient pour Francais du jour où il s'est si vaillamment battu à Varese, à
wi> RDM, 14.VI.60. m Con., 22.IV.61. m RDM, 15.XII.67. 1) 5.. 22.VII.66,