Rassegna storica del Risorgimento
FRANCIA OPINIONE PUBBLICA 1848-1882; GARIBALDI GIUSEPPE; GIORNA
anno
<
1987
>
pagina
<
327
>
Garibaldi et la France, 1848-1882 327
l'ombre du drapeau tricolore . l86> Il émane donc de Garibaldi un véritable charisme qui éclate lorsqu'il vient en France voler au secours de la Répu-blique, et qu'on se plait à souligner.
Finalement, Garibaldi: républicain ou révolutionnaire? Il ne fait pas de doute qu'en apportant son appui et son talent militaire à la France en 1870-71, c'est la République qu'il veut contribuer à sauver. Mais singulier républicain que cet homme lié à la Maison de Savoie; liaison orageuse parfois, qui a paru mettre en perii la monarchie itaUenne à certains moments et qui a fait trembler, en France, les partisans de l'Unite; mais on ne percoit pas ou l'on se refuse à percevoix que le but ultime de Garibaldi était bien l'instauration de la République. Révolutionnaire alors? Sans doute aussi; encore faut-il s'entendre sur le sens du mot. Pour la presse francaise, toutes tendances confondues, Garibaldi est, sans conteste, un révolutionnaire lorsqu'il met bas le pouvoir du Roi de Naples ou lorsqu'il lutte contre l'Autriche, mais il faut bien comprendre aussi que, quand on parie, en France, de revolution italienne , on entend par là réalisation de l'Unite , Unification de la Péninsule . Lorsque Garibaldi contribue à substituer la monarchie de Savoie aux monarchies réactionnaires de la péninsule, il recoit l'appui de la presse libérale fran?aise; cet appui lui est retiré s'il donne l'impression de vouloir bouleverser l'ordre européen existant, ce qu'on appelle communément la civilisation . Pous ses adversaires francais, il est avant tout l'ennemi de la Papauté, de l'Eglise; mais, faible théoricien, il apparait comme l'épée aventureuse [...], arme docile et aveugle au bras de Mazzini qui, lui, est bien l'àme de la Revolution. i87> Toutefois Garibaldi reste bien le symbole de la Revolution que craint l'Europe établie et pas seulement en Italie: il fait trembler les bourreaux de la Pologne et les alliés de la Hongrie . 188> Cette dimension cosmopolite conduit ceux qui lui sont hostiles jusqu'à le piacer au sommet d'une organisation secrète qui regrouperait des Hongrois, des Anglais, des Francois et des Grecs... Ce patriote universel est redouté parce qu'il est ou que l'on croit qu'il est le bras arme de la Revolution.
Pour les Francais du milieu du XIX? siècle, l'unite italienne s'incarne sans conteste dans trois hommes: Victor-Emmanuel, Cavour et Garibaldi. Mais il ne fait pas de doute non plus que le plus populaire des trois au sens propre du mot fut Garibaldi, celui qu'à l'aube du Second Empire Mary Lafon appelait déjà le brave condottiere de la liberté . I89> Ses adversaires réactionnaires ou conservateurs, catholiques le poursuivirent d'une
185) J.D., 15.IX.67.
186) Ch., 16.VI.66. l7) V., 21.VIII.60.
188) op. Nat., 13.IV.64. Les cilafcions de la presse nationale francaise qu'on a pu lire au cours de cet article sont empruntées au mémoire de mailrise de MARIA BERNARDI, Garibaldi et l'opinion publique francaise de 1860 à 1882, Université de Paris I, Centre de Recherches sur l'Histoìre du X1X siècle, 1982.
189) MARY LAFON, Rome depuis l'établissement du chrlstianìsme jusqu'à nos jours, 2 voi., Paris, 1853, tome II, p. 425.