Rassegna storica del Risorgimento
CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
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1989
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Giuseppe Antonio Cerniti
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associes à des prétextes éclatans, et l'opinion a répandu ses nuages en plein jour. De ces nuages peuvent sortir d'effroyables tempètes: essayons de les dissiper.
Il est évident que la bonté d'une Assemblée nationale dépend de sa composition. Les Parlemens regardent la forme de 1614 comme la seule legale. Une grande partie du Clergé et de la Noblesse adhère à cet avis, et prononce et répète à grands cris le mot legai. Les mots consacrés deviennent, dans un temps de trouble, des paroles magiques et les devises de l'opposition. Ainsi beaucoup de bons esprits se sont laissé entraìner et ameuter par ce mot legai. De meilleurs esprits ont écarté, pour ainsi dire, le mot, afin d'approfondir la chose; ils se sont fait à eux-mémes, ils ont fait à leurs adversaires les questions suivantes:
1. Quels furent les États-Généraux de 1614?
2. Quels furent les États-Généraux antérieurs à 1614?
3. Quels sont les deux motifs déterminans des États sollicités en 1788?
4. Quelles sont les grandes espérances de la Nation?
5. Quel est l'inviolable privilège du Clergé?
6. Quelle est l'incontestable prerogative de la Noblesse?
7. Qual est le droit imprescriptible du Tiers-État?
8. Quel est le principal avantage d'un Gouvernement libre?
9. En quoi consiste une Assemblée vraiment legale? 10. En quoi consiste un Corps vraiment législateur?
Chacune de ces questions pourroit s'étendre à des volumes: je vais les réduire toutes à quelques pages. Quand la Logique et l'Histoire consul-tent ensemble, la conférence est courte; la Logique n'admet que des faits certains, et l'Histoire que des résultats évidens.
PREMIERE QUESTION.
Quel furent les États Généraux de 1614? Leur convocation fut-elle juridique? Elle fut ministérielle: Marie de Médicis et le Maréchal d'Ancre les convoquèrent à leur gre et à leur manière. Leurs élections furent-elles libres? La plupart furent faites à voix haute, et non au scrutin qui est la seule sauve-garde contre rintrigue et la vénalité. Quelques-uns des Députés ayant déplu à la Cour ou à l'Assemblée, furent chassés par l'une et rejetés par l'autre. Le despotisme et le caprice se jouèrent de la Loi à la face des Legislateurs.1) Leur composition fut-elle nationale? Ils oubliè-rent, ils laissèrent à l'écart l'Ordre le plus nombreux de la Nation: on y admit les Nobies et demi-Nobles, les Magistrats et demi-Magistrats, les Prétres titrés et à demi-titrés. La hiérarchie intéressant des Curés et du Peuple n'eut pas un seul organe ni un seul défenseur. Leur Assemblée fut-elle utile à quelque chose? A rien. Les Délégués arrivèrent chargés d'entraves plus que d'instructions, et de loix faites, plutót que de loix
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